Économie
3,5% de croissance en 2025, un chiffre stable malgré un environnement mondial chahuté par les tensions commerciales puis par le conflit au Moyen-Orient : l'économie camerounaise a tenu. Mais ce chiffre en trompe-l'œil masque une réalité plus contrastée. Le secteur tertiaire progresse de 4,3%, porté par les télécommunications et les banques, confirmant la mue du pays en économie de services. Les hydrocarbures, eux, s'enfoncent dans un déclin structurel de 6,6% sur l'année, et l'industrialisation promise par la Stratégie Nationale de Développement continue de piétiner : la valeur ajoutée manufacturière stagne autour de 13 à 14% du PIB, loin de l'objectif de 25% fixé pour 2030. Le déficit commercial, lui, s'est creusé à 2 098 milliards de francs CFA, porté par le repli des exportations pétrolières. Face à ces signaux contrastés, une question centrale se pose pour la décennie qui s'ouvre : la croissance camerounaise peut-elle rester résiliente sans jamais devenir transformatrice, ou l'écart entre stabilité conjoncturelle et industrialisation réelle finira-t-il par se payer ?