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Dossier

Cameroun 2030 : le défi de l'émergence

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Politique Premium

SND30 à mi-parcours : un bilan à deux vitesses

23,3% du budget transféré aux collectivités locales contre un objectif de 15% ; 79% de sous-emploi contre une cible sous les 50% : la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 avance en ordre dispersé sur ses quatre piliers. La décentralisation est aujourd'hui le seul objectif pleinement atteint et même dépassé. La transformation structurelle, elle, reste très en retard : la valeur ajoutée manufacturière plafonne à 14% du PIB, loin des 25% visés. Le capital humain progresse — le taux d'achèvement du primaire atteint 80,7% — mais la qualité des apprentissages reste fragile. Quant à l'emploi, il demeure le pilier le plus éloigné de sa cible, avec un secteur informel qui continue d'absorber environ 90% des actifs. Ce contraste entre une gouvernance décentralisée qui tient ses promesses et une transformation économique qui peine à démarrer soulève une question centrale pour les cinq années restantes : la réussite d'un seul pilier peut-elle suffire à entraîner les trois autres, ou faut-il revoir en profondeur le calendrier fixé en 2020 ?

Par Désiré Kaffo · août 1, 2026 · 3 min de lecture
Editorial

Éditorial : l’émergence à l’épreuve du réel

3,5% de croissance, 23,3% du budget transféré aux collectivités locales, plus de quatre millions de personnes enrôlées à la Couverture Santé Universelle : à mi-parcours de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030, le Cameroun affiche une résilience réelle face à des chocs successifs, de la pandémie de COVID-19 au conflit au Moyen-Orient déclenché en février 2026. Mais cette résilience conjoncturelle masque des écarts structurels persistants : la valeur ajoutée manufacturière stagne à 14% du PIB contre un objectif de 25% fixé pour 2030, et le sous-emploi touche encore 79% de la population active, malgré plusieurs programmes publics dédiés. Ce dossier spécial d'Horizons 237 propose un état des lieux chiffré et sourcé de la stratégie nationale, secteur par secteur, sans éluder ni les avancées ni les retards. La question qui traverse l'ensemble de ces pages reste ouverte : le Cameroun peut-il transformer une résilience déjà prouvée face aux chocs externes en une trajectoire structurellement différente d'ici l'échéance de 2030 ?

Par Désiré Kaffo · juillet 30, 2026 · 3 min de lecture
Économie

Cameroun 2025 : dix indicateurs d’une année sous tension

3,5% de croissance, 40,3% de dette publique rapportée au PIB, 79% de sous-emploi : dix chiffres suffisent à résumer une année 2025 marquée par une résilience réelle mais fragile. Le secteur tertiaire progresse de 4,3%, porté par les télécommunications et les services financiers, pendant que le secteur primaire ralentit à 1,8%, pénalisé par le recul de l'agriculture industrielle d'exportation. Côté finances publiques, les recettes internes atteignent 4 928 milliards de francs CFA face à 5 752 milliards de dépenses, creusant un déficit budgétaire équivalant à 2,1% du PIB. La valeur ajoutée manufacturière reste proche de 14% du PIB, loin de la cible de 25% fixée pour 2030, tandis que la part du budget transférée aux collectivités territoriales décentralisées atteint 23,3% et dépasse largement l'objectif initial de 15%. Ce panorama chiffré pose une question centrale pour la seconde moitié de la décennie : ces dix indicateurs, pris ensemble, dessinent-ils une trajectoire de rattrapage progressif, ou un déséquilibre structurel appelé à se prolonger au-delà de 2030 ?

Par Désiré Kaffo · juillet 28, 2026 · 2 min de lecture