Justice : tribunal cambriolé, civils devant le militaire
Un taux d'exécution des décisions de justice de 40,8%, déjà documenté dans ce dossier, prend un relief plus préoccupant à la lumière de deux développements récents : le cambriolage du Tribunal Criminel Spécial, institution censée incarner la lutte contre l'impunité financière, où plusieurs dossiers sensibles auraient disparu selon la presse camerounaise ; et le recours croissant à la justice militaire pour juger des civils proches de l'opposition depuis la crise post-électorale, une pratique que le droit international des droits humains réserve en principe à des infractions strictement liées à la défense nationale. Ces épisodes s'ajoutent à des indicateurs structurels déjà fragiles : une surpopulation carcérale de 184,4%, et environ 2 000 prisonniers estimés liés à la seule crise anglophone selon des organisations non gouvernementales, un chiffre non confirmé par un registre officiel public. La question centrale que pose ce dossier reste institutionnelle : un système judiciaire déjà sous tension structurelle peut-il absorber ces pressions supplémentaires sans que la confiance dans l'État de droit ne se dégrade davantage ?
