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Sport

Football mondial : le double standard qui refuse de s’éteindre

Chiffre-clé : la Confédération africaine de football (CAF) pèse désormais 54 voix sur 211 à la FIFA et a obtenu neuf places directes (plus une place de barrage intercontinental) pour la Coupe du monde 2026, contre cinq auparavant. Contexte : à l'approche de l'élection présidentielle de la FIFA, prévue le 18 mars 2027 à Rabat, Samuel Eto'o, président de la FECAFOOT, affiche son soutien à Gianni Infantino au moment même où la presse britannique relaie des accusations de détournement de fonds russes sur son compte personnel — accusations qu'il dément fermement, les qualifiant de campagne de dénigrement. Ce double mouvement, entre poids diplomatique croissant de l'Afrique et traitement médiatique à géométrie variable de ses dirigeants, ravive un débat ancien sur le vocabulaire employé pour qualifier les mêmes pratiques selon qu'elles viennent d'Europe ou du continent africain. Question centrale : l'Afrique parviendra-t-elle à transformer son poids démographique et sportif en pouvoir de décision structurel, ou restera-t-elle prisonnière d'un rapport de force où la même stratégie est nommée « influence » d'un côté et « clientélisme » de l'autre ?

septembre 14, 2026 · 7 min de lecture

Économie

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Économie

La CSPH attribue 7,13 milliards FCFA à Douala

7,134 milliards de francs CFA toutes taxes comprises : c'est le montant du marché que la Caisse de Stabilisation des Prix des Hydrocarbures a attribué le 3 septembre 2026 à l'entreprise ETS Mbakam pour agrandir son propre immeuble de rapport à Bonanjo, Douala, sur un délai d'exécution de 36 mois. Le fait notable de cette attribution tient moins à son montant qu'à sa précision : il correspond exactement à l'enveloppe prévisionnelle publiée sept semaines plus tôt, lors du lancement de l'appel d'offres restreint, où ETS Mbakam l'a emporté face à deux autres candidats préqualifiés. Le financement est réparti sur trois exercices budgétaires, avec une première tranche de 2,418 milliards inscrite au budget 2026. L'opération s'inscrit dans une longue série de travaux sur ce même bâtiment, entre rénovations ponctuelles depuis 2018 et un projet d'ascenseur resté sans confirmation d'exécution. La question centrale que pose cette attribution, dans un contexte plus large de vigilance sur la qualité de la dépense publique, reste celle de sa réplicabilité : ce niveau de précision budgétaire est-il l'exception ou peut-il devenir la norme dans la commande publique camerounaise ?

Par Désiré Kaffo · septembre 9, 2026 · 3 min de lecture
Économie

Multiprint investit 3 milliards FCFA à Douala

3 milliards de francs CFA : c'est le plan d'investissement industriel que Multiprint Labels & Packaging a officialisé le 31 août 2026 pour son site de Douala, avec pour cible deux marchés d'import-substitution évalués ensemble à près de 48 milliards de francs CFA — les emballages premium et les bouchons couronnes. L'entreprise, qui reconnaît ne satisfaire qu'environ 30% des besoins actuels de ses clients, mise sur une presse offset Heidelberg, une nouvelle ligne de production italienne SACMI capable de 3 000 capsules par minute dès décembre 2026, et une centrale solaire pour sécuriser son alimentation électrique. Le financement associe banques commerciales locales, établissements régionaux et institutions de développement, dans ce que son directeur général qualifie de "capital patient". Les Brasseries du Cameroun, premier client concerné par la nouvelle ligne de bouchons, saluent un signal positif dans un climat où l'investissement industriel local reste hésitant. La question centrale : ce type d'initiative isolée suffira-t-il à faire bouger un indicateur national de transformation manufacturière resté quasiment figé depuis 2020 ?

Par Désiré Kaffo · septembre 8, 2026 · 3 min de lecture
Économie

CEMAC : quelles décisions économiques échappent au Cameroun ?

Le franc CFA, arrimé à l'euro, revient à plusieurs reprises dans ce dossier — notamment dans l'analyse du choc pétrolier de 2026, où sa dépréciation de facto face au dollar a renchéri les importations camerounaises. Ce mécanisme rappelle une réalité rarement mise en avant dans le débat national : une part significative de la politique monétaire et de la stabilité financière du pays se décide au niveau de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale, aux côtés de cinq autres États membres, et non à Yaoundé seul. La Banque des États de l'Afrique Centrale fixe une politique monétaire unique pour toute la zone, et le seuil de dette publique de 70% du PIB déjà cité dans l'article sur les finances publiques relève du même cadre de convergence régionale. Le Cameroun se présente régulièrement comme le hub naturel de l'Afrique centrale, mais les échanges commerciaux intra-CEMAC restent marginaux au regard du commerce total de la zone avec le reste du monde. La question centrale reste institutionnelle : combien des réformes documentées dans ce dossier peuvent réellement aboutir sans être également portées au niveau régional ?

Par Désiré Kaffo · septembre 6, 2026 · 3 min de lecture
Économie Premium

Notation souveraine : ce que coûte la catégorie spéculative

B- chez S&P, Caa1 chez Moody's, B en perspective négative chez Fitch : ces notes classent la dette camerounaise en catégorie spéculative, avec des conséquences concrètes sur le coût auquel l'État peut emprunter sur les marchés internationaux, déjà mentionnées en creux dans l'article de ce dossier consacré à la diaspora. Une notation dégradée renchérit mécaniquement toute nouvelle émission obligataire et restreint l'accès à certains fonds d'investissement institutionnels, à un moment où la charge de la dette camerounaise est appelée à s'alourdir jusqu'à représenter plus de la moitié des recettes fiscales d'ici 2028 selon les projections déjà citées dans ce dossier. Le secteur bancaire domestique affiche pourtant une résilience relative : la masse monétaire et les dépôts bancaires ont progressé de plus de 13% et 14% respectivement entre fin 2024 et fin 2025, et le ratio de créances douteuses s'est amélioré. Ce contraste entre la solidité relative du système bancaire national et la dégradation de la perception du risque souverain international pose une question centrale : la stratégie de financements concessionnels privilégiée par l'État peut-elle compenser durablement un accès plus coûteux aux marchés de capitaux ouverts ?

Par Désiré Kaffo · septembre 5, 2026 · 3 min de lecture

Société

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Société

Migration : pourquoi la jeunesse tente sa chance

Environ 400 000 nouveaux entrants arrivent chaque année sur le marché du travail camerounais, pour une création nette d'emplois très inférieure à ce chiffre selon les données déjà présentées dans ce dossier. Cet écart alimente directement le départ, par des voies souvent irrégulières et dangereuses, d'une partie de la jeunesse vers l'Europe — historiquement via la route libyenne, aujourd'hui davantage via le Maroc et l'enclave espagnole de Ceuta, avec une pression particulièrement visible depuis une forte poussée observée fin juillet 2026. Le Royaume-Uni a suspendu, depuis le 26 mars 2026, la délivrance de visas étudiants aux ressortissants camerounais en invoquant une hausse des demandes d'asile, tandis que le nouveau pacte européen sur la migration et l'asile, entré en application en juin 2026, durcit encore les conditions d'installation régulière. Les témoignages recueillis par la presse convergent : le départ est vécu comme une stratégie de survie face au chômage local, plus que comme un choix positif vers l'ailleurs. La question centrale reste celle des causes : un durcissement des politiques d'accueil européennes peut-il réduire la pression migratoire sans que le marché du travail camerounais n'absorbe davantage ses nouveaux entrants ?

Par Désiré Kaffo · septembre 4, 2026 · 3 min de lecture
Société

15 mineures retrouvées dans une concession à Essos

Une perquisition à Yaoundé relance la question de la vigilance face à l'enfance cachée. Mercredi 2 septembre, les éléments du 16e arrondissement de police ont découvert, à Essos, une concession fortement barricadée abritant quinze mineures âgées de 2 à 15 ans. Deux femmes chargées de leur encadrement ont été interpellées et conduites, avec les enfants, au Commissariat central n°4. La perquisition a mis au jour plusieurs dortoirs, d'importantes réserves de vivres, des vêtements, des jouets et une centaine de disques durs, dont l'exploitation devrait éclairer les enquêteurs. À ce stade, ni la provenance exacte des enfants ni la nature précise des activités menées sur place ne sont établies : aucune conclusion définitive n'a été tirée sur une éventuelle traite ou exploitation, cela relève désormais du travail de l'enquête. Cette découverte engage plusieurs institutions à la fois — services sociaux, justice, autorités locales — et rappelle qu'une vigilance de voisinage reste souvent ce qui permet de faire remonter plus tôt ce type de situation coupée du regard extérieur.

Par Désiré Kaffo · septembre 4, 2026 · 3 min de lecture

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