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Enquête Premium

Affaire Effoudou : accusations graves, aucune preuve publique

Depuis le 24 juillet 2026, un nom domine les conversations politiques camerounaises : celui du capitaine Kenneth Romuald Effoudou Awussi. Cet ancien chef du bureau de renseignement de l’État-major particulier de la présidence, en exil en Europe depuis trois ans, a rompu son silence dans une interview de 27 minutes accordée au journaliste Morgan Palmer, dans l’émission « Masterclass ». Il y accuse notamment le ministre d’État Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence depuis 2011, d’avoir planifié un coup d’État et d’être le commanditaire de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, tué en janvier 2023. Ces accusations, à ce jour, ne sont étayées par aucune preuve rendue publique.

Par Désiré Kaffo · septembre 7, 2026 · 4 min de lecture
Économie Premium

Notation souveraine : ce que coûte la catégorie spéculative

L’article de ce dossier consacré à la diaspora mentionnait, en passant, la notation souveraine du Cameroun — B- chez S&P, Caa1 chez Moody’s — comme un obstacle à l’émission de « diaspora bonds ». Ces notes, qui classent la dette camerounaise en catégorie spéculative, ont des implications qui dépassent largement ce seul instrument : elles conditionnent directement le coût auquel l’État peut emprunter sur les marchés internationaux, à un moment où la charge de la dette est déjà appelée à s’alourdir

Par Désiré Kaffo · septembre 5, 2026 · 3 min de lecture
Économie Premium

Secteur minier : Mbalam, une décennie de faux départs

L’entretien avec le Secrétaire Général du MINEPAT publié dans ce dossier évoquait les « projets miniers de Mbalam et de Minim-Martap » qui « avancent » mais « exigent des investissements colossaux et des délais longs ». Le contentieux Mbalam illustre à quel point ces délais peuvent s’étirer : dix-neuf ans après l’obtention du premier permis de recherche, le projet de fer le plus emblématique du pays reste empêtré dans une bataille juridique internationale dont l’issue précise demeure incertaine.

Par Désiré Kaffo · septembre 2, 2026 · 4 min de lecture
Société Premium

Crise anglophone : dix ans, un bilan très lourd

Dix ans après son déclenchement fin 2016, la crise dite anglophone continue de peser sur les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest — et, par ricochet, sur plusieurs des chantiers que ce dossier a déjà documentés : la décentralisation, l’éducation, l’accès aux soins. Les estimations varient selon les sources et la période couverte : Human Rights Watch évaluait à au moins 6 000 le nombre de civils tués par l’ensemble des parties depuis 2016, et à plus de 638 000 le nombre de déplacés internes dans son rapport le plus récent ; le think tank BTI, dans son rapport 2026, avance un bilan plus élevé encore, supérieur à 6 500 morts et proche d’un million de déplacés. Ces écarts, comme souvent dans les conflits de basse intensité, reflètent l’absence de décompte officiel exhaustif publié par l’État camerounais.

Par Désiré Kaffo · août 31, 2026 · 4 min de lecture
Politique Premium

Présidentielle 2025 : une crise toujours ouverte

53,66% pour Paul Biya, 35,19% pour Issa Tchiroma Bakary : la présidentielle du 12 octobre 2025 a été suivie d'une contestation qui, un an plus tard, n'a trouvé aucune issue institutionnelle reconnue par les deux camps. Des manifestations postélectorales à Douala et à Garoua ont fait des morts et entraîné plusieurs milliers d'arrestations selon l'opposition, des chiffres non confirmés de manière indépendante. Issa Tchiroma Bakary vit depuis en exil en Gambie, d'où il a saisi la justice française pour compétence universelle, tandis que le bloc d'opposition qui l'avait soutenu s'est fragmenté au fil des mois, entre ruptures publiques et accusations mutuelles. Ce climat politique non résolu éclaire directement d'autres sujets déjà traités dans ce dossier, de l'absence prolongée du président aux 74 jours documentés cet été, à l'absence de nouveau gouvernement depuis l'investiture. La question centrale reste ouverte : sans mécanisme reconnu par les deux parties pour trancher le désaccord sur les résultats, cette crise peut-elle rester gelée indéfiniment sans fragiliser davantage la capacité de l'État à gouverner ?

Par Désiré Kaffo · août 30, 2026 · 4 min de lecture
Politique Premium

Cameroun : 74 jours qui exposent des failles institutionnelles

Paul Biya est rentré à Yaoundé le 20 août 2026, après 74 jours d'absence en Suisse — la plus longue depuis son arrivée au pouvoir en 1982. Son retour ne referme aucun des dossiers restés en suspens pendant qu'il gouvernait par décret depuis Genève : le poste de vice-président, créé par une révision constitutionnelle adoptée le 4 avril 2026, reste vacant plus de quatre mois après son adoption ; aucun nouveau gouvernement n'a été formé depuis l'investiture d'un huitième mandat en novembre 2025 ; et un remaniement du haut commandement militaire a été décidé par décret depuis l'étranger le 3 août, promouvant notamment le commandant de la Garde présidentielle au grade de général, une première depuis la création de cette unité en 1985. Ces faits, largement documentés par la presse camerounaise et internationale, dessinent une question qui dépasse la seule absence présidentielle : à l'heure où le pays doit exécuter la seconde moitié de sa stratégie nationale de développement, quelle est la capacité réelle de l'État à fonctionner lorsque son centre de décision s'éloigne aussi longtemps de la scène publique ?

Par Désiré Kaffo · août 29, 2026 · 4 min de lecture
Société Premium

Rentrée scolaire : le dispositif sécuritaire de l’État

La rentrée scolaire 2026-2027, fixée au 7 septembre, se prépare dans un contexte sécuritaire particulièrement chargé. Réunis le 26 août à Yaoundé sous la présidence de Joseph Beti Assomo, ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, les responsables des forces de défense et de sécurité ont passé en revue plusieurs menaces actives : les incursions terroristes de Boko Haram dans l'Extrême-Nord, les mots d'ordre de "villes mortes" dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les prises d'otages contre rançon dans l'Adamaoua et le Nord, ainsi que la criminalité urbaine. Un accident de la route survenu le 14 août à Nomale, qui a fait 16 morts, a également conduit à inscrire la sécurité routière parmi les priorités de la période de rentrée. Le ministre a assuré que "la situation est globalement maîtrisée", une déclaration qui contraste avec la liste des menaces effectivement recensées lors de la même réunion. La question centrale reste celle de la cohérence : ce dispositif sécuritaire peut-il tenir sur la durée d'une année scolaire entière, dans un pays où la continuité de l'exécutif lui-même fait l'objet de vives interrogations ?

Par Désiré Kaffo · août 28, 2026 · 3 min de lecture
Économie Premium

Gaz domestique : les nouveaux centres emplisseurs

Le taux de pénétration du gaz domestique au Cameroun ne dépasse pas 40%, contre 70% dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest comparables, alors que la consommation nationale progresse de 5 à 7% par an. Pour combler cet écart, le pays a engagé un programme d'extension de ses capacités de stockage et de distribution : une sixième sphère à Bonabéri porte la capacité du site à 3 500 tonnes, un centre emplisseur de 200 tonnes par jour est désormais opérationnel à Bamenda, et Maroua et Bertoua ont pris le relais, pendant qu'Ebolowa et Kumba sont en construction. L'objectif affiché par la filière est ambitieux : porter le taux de pénétration à 70% d'ici 2030, tout en faisant baisser le prix de la bouteille de 8 500 à 6 500 francs CFA. Un objectif qui suppose de tripler la cadence actuelle des chantiers. La question centrale reste celle du calendrier et du financement : ce rythme d'extension est-il tenable jusqu'à l'échéance de 2030, dans un contexte budgétaire déjà sous tension ?

Par Désiré Kaffo · août 27, 2026 · 2 min de lecture
Économie Premium

Fiscalité : mobiliser des recettes sans étouffer l’économie

12,7% du PIB : c'est le niveau actuel de la pression fiscale hors pétrole au Cameroun, l'un des plus bas d'Afrique subsaharienne, contre un objectif de 17% fixé par la SND30 pour 2030. L'écart représente environ 4,3 points de PIB, soit approximativement 1 500 milliards de francs CFA de recettes potentielles non mobilisées chaque année — une somme qui suffirait, à elle seule, à quasiment effacer le déficit budgétaire de 714,3 milliards enregistré en 2025. Combler cet écart suppose d'élargir l'assiette fiscale, de lutter plus efficacement contre la fraude, et de faire basculer une partie du secteur informel, qui absorbe environ 90% des actifs, vers l'économie formelle. Des mesures ont déjà été engagées, comme l'Impôt Général Synthétique pour les petits opérateurs ou la baisse ciblée de l'impôt sur les sociétés pour les PME, mais leur effet reste limité au regard de l'ampleur du besoin. La question centrale reste celle du calendrier : à quel rythme ces réformes peuvent-elles produire des résultats tangibles, sans casser une économie déjà fragilisée par le choc pétrolier de 2026 ?

Par Désiré Kaffo · août 25, 2026 · 2 min de lecture
Économie Premium

Diaspora camerounaise : la manne qui cherche son canal

700 milliards de francs CFA : c'est l'estimation des transferts annuels de la diaspora camerounaise en 2025, contre 585 milliards en 2015. Ce flux, en progression constante sans la moindre politique publique dédiée, dépasse déjà en volume plusieurs lignes de financement extérieur négociées de haute lutte par l'État. La SND30 prévoyait depuis 2020 quatre instruments précis pour canaliser cette manne vers l'investissement productif : un fonds d'investissement de la diaspora, des "diaspora bonds", un guichet unique et une fiscalité incitative. Cinq ans plus tard, aucun de ces instruments n'est opérationnel à l'échelle nationale. Les hypothèses avancées pour expliquer ce retard tiennent à la fois à la notation souveraine du pays, peu propice à l'émission d'obligations dédiées, et à l'absence de structure de gouvernance rendue publique pour un futur fonds. La question centrale reste entière : combien de temps la SND30 peut-elle laisser un flux de cette ampleur transiter sans cadre structuré, alors que l'État peine par ailleurs à mobiliser des financements extérieurs classiques ?

Par Désiré Kaffo · août 20, 2026 · 3 min de lecture
Tribune Premium

Rwanda-Cameroun : un retard de dispositif, pas de moyens

Un score de maturité institutionnelle de 76 points sur 92 pour le Rwanda, contre 47 sur 92 pour le Cameroun, selon un audit comparatif portant sur 24 secteurs socio-économiques : le Cameroun a pourtant un PIB près de quatre fois supérieur, une capacité électrique installée cinq fois plus élevée, et un territoire dix-huit fois plus vaste que son comparateur est-africain. Cette tribune soutient une thèse précise, documentée par des sources officielles des deux pays : l'écart entre les deux nations ne tient pas à un déficit de ressources, mais à un déficit de dispositif — cibles chiffrées publiées, régulateurs qui mesurent, systèmes administratifs interconnectés plutôt que cloisonnés. Elle documente également, sans complaisance, les fragilités propres au modèle rwandais, entre espace civique fermé et dette extérieure élevée. Les atouts camerounais inexploités, du mobile money au patrimoine touristique, y sont détaillés avec la même rigueur. La question centrale que pose cette tribune reste ouverte aux décideurs camerounais : la priorité politique nécessaire pour combler cet écart de dispositif sera-t-elle enfin accordée, alors que les ressources, elles, sont déjà là ?

Par Désiré Kaffo · août 19, 2026 · 11 min de lecture
Économie Premium

Entreprises publiques : le passif qui inquiète

SONARA à l'arrêt depuis un incendie survenu en 2019, CAMRAIL vieillissant sur un réseau ferroviaire de 1 200 kilomètres, CAMWATER confrontée à des pertes en eau supérieures à 40% : le portefeuille public camerounais reste largement déficitaire, malgré plusieurs plans de redressement engagés ces dernières années. Le dernier rapport consolidé de l'ex-Commission Technique de Réhabilitation dresse un constat sans détour : les résultats nets sont négatifs dans l'agriculture, l'industrie, le BTP et les transports, et mixtes seulement dans l'énergie et l'eau. La Stratégie Nationale de Développement prévoyait pourtant des objectifs précis — fixation de dividendes, évaluation triennale des dirigeants, introduction en bourse des grandes entités — dont l'exécution reste très en retrait à mi-parcours. Ces entreprises représentent aujourd'hui un risque budgétaire réel pour l'État, entre garanties d'emprunts, subventions récurrentes et arriérés de paiement. La question centrale reste posée aux autorités : la reconstruction annoncée de la SONARA et les plans de redressement en cours suffiront-ils à transformer ces passifs en véritables leviers d'industrialisation d'ici 2030 ?

Par Désiré Kaffo · août 10, 2026 · 5 min de lecture

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