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Économie

Économie

La CSPH attribue 7,13 milliards FCFA à Douala

7,134 milliards de francs CFA toutes taxes comprises : c'est le montant du marché que la Caisse de Stabilisation des Prix des Hydrocarbures a attribué le 3 septembre 2026 à l'entreprise ETS Mbakam pour agrandir son propre immeuble de rapport à Bonanjo, Douala, sur un délai d'exécution de 36 mois. Le fait notable de cette attribution tient moins à son montant qu'à sa précision : il correspond exactement à l'enveloppe prévisionnelle publiée sept semaines plus tôt, lors du lancement de l'appel d'offres restreint, où ETS Mbakam l'a emporté face à deux autres candidats préqualifiés. Le financement est réparti sur trois exercices budgétaires, avec une première tranche de 2,418 milliards inscrite au budget 2026. L'opération s'inscrit dans une longue série de travaux sur ce même bâtiment, entre rénovations ponctuelles depuis 2018 et un projet d'ascenseur resté sans confirmation d'exécution. La question centrale que pose cette attribution, dans un contexte plus large de vigilance sur la qualité de la dépense publique, reste celle de sa réplicabilité : ce niveau de précision budgétaire est-il l'exception ou peut-il devenir la norme dans la commande publique camerounaise ?

Par Désiré Kaffo · septembre 9, 2026 · 3 min de lecture
Économie

Multiprint investit 3 milliards FCFA à Douala

3 milliards de francs CFA : c'est le plan d'investissement industriel que Multiprint Labels & Packaging a officialisé le 31 août 2026 pour son site de Douala, avec pour cible deux marchés d'import-substitution évalués ensemble à près de 48 milliards de francs CFA — les emballages premium et les bouchons couronnes. L'entreprise, qui reconnaît ne satisfaire qu'environ 30% des besoins actuels de ses clients, mise sur une presse offset Heidelberg, une nouvelle ligne de production italienne SACMI capable de 3 000 capsules par minute dès décembre 2026, et une centrale solaire pour sécuriser son alimentation électrique. Le financement associe banques commerciales locales, établissements régionaux et institutions de développement, dans ce que son directeur général qualifie de "capital patient". Les Brasseries du Cameroun, premier client concerné par la nouvelle ligne de bouchons, saluent un signal positif dans un climat où l'investissement industriel local reste hésitant. La question centrale : ce type d'initiative isolée suffira-t-il à faire bouger un indicateur national de transformation manufacturière resté quasiment figé depuis 2020 ?

Par Désiré Kaffo · septembre 8, 2026 · 3 min de lecture
Économie

CEMAC : quelles décisions économiques échappent au Cameroun ?

Le franc CFA, arrimé à l'euro, revient à plusieurs reprises dans ce dossier — notamment dans l'analyse du choc pétrolier de 2026, où sa dépréciation de facto face au dollar a renchéri les importations camerounaises. Ce mécanisme rappelle une réalité rarement mise en avant dans le débat national : une part significative de la politique monétaire et de la stabilité financière du pays se décide au niveau de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale, aux côtés de cinq autres États membres, et non à Yaoundé seul. La Banque des États de l'Afrique Centrale fixe une politique monétaire unique pour toute la zone, et le seuil de dette publique de 70% du PIB déjà cité dans l'article sur les finances publiques relève du même cadre de convergence régionale. Le Cameroun se présente régulièrement comme le hub naturel de l'Afrique centrale, mais les échanges commerciaux intra-CEMAC restent marginaux au regard du commerce total de la zone avec le reste du monde. La question centrale reste institutionnelle : combien des réformes documentées dans ce dossier peuvent réellement aboutir sans être également portées au niveau régional ?

Par Désiré Kaffo · septembre 6, 2026 · 3 min de lecture
Économie Premium

Notation souveraine : ce que coûte la catégorie spéculative

B- chez S&P, Caa1 chez Moody's, B en perspective négative chez Fitch : ces notes classent la dette camerounaise en catégorie spéculative, avec des conséquences concrètes sur le coût auquel l'État peut emprunter sur les marchés internationaux, déjà mentionnées en creux dans l'article de ce dossier consacré à la diaspora. Une notation dégradée renchérit mécaniquement toute nouvelle émission obligataire et restreint l'accès à certains fonds d'investissement institutionnels, à un moment où la charge de la dette camerounaise est appelée à s'alourdir jusqu'à représenter plus de la moitié des recettes fiscales d'ici 2028 selon les projections déjà citées dans ce dossier. Le secteur bancaire domestique affiche pourtant une résilience relative : la masse monétaire et les dépôts bancaires ont progressé de plus de 13% et 14% respectivement entre fin 2024 et fin 2025, et le ratio de créances douteuses s'est amélioré. Ce contraste entre la solidité relative du système bancaire national et la dégradation de la perception du risque souverain international pose une question centrale : la stratégie de financements concessionnels privilégiée par l'État peut-elle compenser durablement un accès plus coûteux aux marchés de capitaux ouverts ?

Par Désiré Kaffo · septembre 5, 2026 · 3 min de lecture
Économie Premium

Secteur minier : Mbalam, une décennie de faux départs

Dix-neuf ans après l'obtention du premier permis de recherche en 2007, le gisement de fer de Mbalam illustre à quel point les délais miniers camerounais peuvent s'étirer. Retiré à la junior australienne Sundance Resources entre 2020 et 2022 au profit de partenaires chinois, le projet a fini par démarrer sa production fin 2023, mais les premières exportations, attendues au premier trimestre 2026, restaient non confirmées au moment de la rédaction. Sundance conteste ce retrait devant la Cour internationale d'arbitrage de Paris, réclamant environ 3 400 milliards de francs CFA aux États camerounais et congolais ; une sentence rendue à l'été 2026 aurait tranché en défaveur du Cameroun, pour un montant que plusieurs sources de presse ne s'accordent pas à confirmer officiellement. Le gisement de bauxite de Minim-Martap et d'autres projets miniers annoncés — or de Colomine, cobalt et nickel de Nkamouna — suivent des trajectoires de développement tout aussi lentes. La question centrale reste celle du calendrier réel : combien de temps encore l'écart entre annonce minière et recette fiscale effective continuera-t-il de se compter en décennies plutôt qu'en années ?

Par Désiré Kaffo · septembre 2, 2026 · 4 min de lecture
Économie Premium

Gaz domestique : les nouveaux centres emplisseurs

Le taux de pénétration du gaz domestique au Cameroun ne dépasse pas 40%, contre 70% dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest comparables, alors que la consommation nationale progresse de 5 à 7% par an. Pour combler cet écart, le pays a engagé un programme d'extension de ses capacités de stockage et de distribution : une sixième sphère à Bonabéri porte la capacité du site à 3 500 tonnes, un centre emplisseur de 200 tonnes par jour est désormais opérationnel à Bamenda, et Maroua et Bertoua ont pris le relais, pendant qu'Ebolowa et Kumba sont en construction. L'objectif affiché par la filière est ambitieux : porter le taux de pénétration à 70% d'ici 2030, tout en faisant baisser le prix de la bouteille de 8 500 à 6 500 francs CFA. Un objectif qui suppose de tripler la cadence actuelle des chantiers. La question centrale reste celle du calendrier et du financement : ce rythme d'extension est-il tenable jusqu'à l'échéance de 2030, dans un contexte budgétaire déjà sous tension ?

Par Désiré Kaffo · août 27, 2026 · 2 min de lecture
Économie Premium

Fiscalité : mobiliser des recettes sans étouffer l’économie

12,7% du PIB : c'est le niveau actuel de la pression fiscale hors pétrole au Cameroun, l'un des plus bas d'Afrique subsaharienne, contre un objectif de 17% fixé par la SND30 pour 2030. L'écart représente environ 4,3 points de PIB, soit approximativement 1 500 milliards de francs CFA de recettes potentielles non mobilisées chaque année — une somme qui suffirait, à elle seule, à quasiment effacer le déficit budgétaire de 714,3 milliards enregistré en 2025. Combler cet écart suppose d'élargir l'assiette fiscale, de lutter plus efficacement contre la fraude, et de faire basculer une partie du secteur informel, qui absorbe environ 90% des actifs, vers l'économie formelle. Des mesures ont déjà été engagées, comme l'Impôt Général Synthétique pour les petits opérateurs ou la baisse ciblée de l'impôt sur les sociétés pour les PME, mais leur effet reste limité au regard de l'ampleur du besoin. La question centrale reste celle du calendrier : à quel rythme ces réformes peuvent-elles produire des résultats tangibles, sans casser une économie déjà fragilisée par le choc pétrolier de 2026 ?

Par Désiré Kaffo · août 25, 2026 · 2 min de lecture
Économie Premium

Diaspora camerounaise : la manne qui cherche son canal

700 milliards de francs CFA : c'est l'estimation des transferts annuels de la diaspora camerounaise en 2025, contre 585 milliards en 2015. Ce flux, en progression constante sans la moindre politique publique dédiée, dépasse déjà en volume plusieurs lignes de financement extérieur négociées de haute lutte par l'État. La SND30 prévoyait depuis 2020 quatre instruments précis pour canaliser cette manne vers l'investissement productif : un fonds d'investissement de la diaspora, des "diaspora bonds", un guichet unique et une fiscalité incitative. Cinq ans plus tard, aucun de ces instruments n'est opérationnel à l'échelle nationale. Les hypothèses avancées pour expliquer ce retard tiennent à la fois à la notation souveraine du pays, peu propice à l'émission d'obligations dédiées, et à l'absence de structure de gouvernance rendue publique pour un futur fonds. La question centrale reste entière : combien de temps la SND30 peut-elle laisser un flux de cette ampleur transiter sans cadre structuré, alors que l'État peine par ailleurs à mobiliser des financements extérieurs classiques ?

Par Désiré Kaffo · août 20, 2026 · 3 min de lecture
Économie

Foncier : la réforme qui n’en finit pas

Un code foncier qui date de 1974, des délais d'expropriation pouvant s'étaler de deux à cinq ans, une première phase de sécurisation portant sur 350 464 hectares dans la seule Plaine Centrale : la réforme foncière camerounaise, présentée dès 2020 comme une priorité de la Stratégie Nationale de Développement, reste inachevée cinq ans plus tard. Trois secteurs entiers en dépendent directement : l'industrialisation, avec les zones économiques spéciales et les grands projets miniers de Mbalam et Minim-Martap ; l'agriculture, avec les 400 000 hectares que doit mobiliser le Plan Intégré d'Import-Substitution ; et le logement, dont le déficit national dépasse un million d'unités. Les conflits fonciers récurrents entre communautés coutumières, exploitants et promoteurs continuent de retarder des projets déjà engagés, tandis que la digitalisation du cadastre progresse lentement. Face à un cadre juridique hérité d'une autre époque, la question centrale demeure : le Cameroun peut-il finaliser une réforme aussi structurante avant la fin de la décennie, sans une volonté politique clairement assumée au plus haut niveau de l'État ?

Par Désiré Kaffo · août 11, 2026 · 4 min de lecture
Économie Premium

Entreprises publiques : le passif qui inquiète

SONARA à l'arrêt depuis un incendie survenu en 2019, CAMRAIL vieillissant sur un réseau ferroviaire de 1 200 kilomètres, CAMWATER confrontée à des pertes en eau supérieures à 40% : le portefeuille public camerounais reste largement déficitaire, malgré plusieurs plans de redressement engagés ces dernières années. Le dernier rapport consolidé de l'ex-Commission Technique de Réhabilitation dresse un constat sans détour : les résultats nets sont négatifs dans l'agriculture, l'industrie, le BTP et les transports, et mixtes seulement dans l'énergie et l'eau. La Stratégie Nationale de Développement prévoyait pourtant des objectifs précis — fixation de dividendes, évaluation triennale des dirigeants, introduction en bourse des grandes entités — dont l'exécution reste très en retrait à mi-parcours. Ces entreprises représentent aujourd'hui un risque budgétaire réel pour l'État, entre garanties d'emprunts, subventions récurrentes et arriérés de paiement. La question centrale reste posée aux autorités : la reconstruction annoncée de la SONARA et les plans de redressement en cours suffiront-ils à transformer ces passifs en véritables leviers d'industrialisation d'ici 2030 ?

Par Désiré Kaffo · août 10, 2026 · 5 min de lecture