Finances publiques : la dette à l’épreuve des chocs
714,3 milliards de francs CFA de déficit budgétaire, soit 2,1% du PIB ; une dette publique qui approche 40,3% du PIB : la trajectoire budgétaire du Cameroun ressemble à une équation de plus en plus difficile à résoudre. Les recettes pétrolières se sont effondrées de 121,5 milliards de francs CFA sur l'année, tandis que la pression fiscale hors pétrole reste inférieure à 13% du PIB, loin de l'objectif de 17% fixé par la stratégie nationale. La charge de la dette, qui absorbait 28,3% des recettes internes en 2024, pourrait dépasser 53,5% d'ici 2028 selon les projections officielles du ministère de l'Économie. Le gouvernement lui-même identifie six risques macro-budgétaires majeurs, de la dégradation climatique à l'accroissement de la dette, en passant par les passifs conditionnels des entreprises publiques. Face à cette cartographie de risques établie par les autorités elles-mêmes, une question centrale se pose : le Cameroun dispose-t-il d'une marge de manœuvre budgétaire suffisante pour absorber un nouveau choc externe avant la fin de la décennie ?
