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Économie

Économie

Pouvoir d’achat ou budget : le compromis le moins mauvais

0,70% du PIB de subvention dans le scénario du gel total des prix, contre un coût budgétaire nul dans celui de la transmission intégrale : le choc pétrolier de 2026 impose un arbitrage sans solution indolore pour les finances publiques camerounaises. Le gel protège la consommation des ménages dès la première année, mais l'investissement total chute de plus de 20% sur trois ans dans ce scénario. À l'inverse, la transmission totale du prix du baril aux consommateurs fait disparaître le coût budgétaire, mais concentre l'ajustement sur le pouvoir d'achat, le transport et le commerce. Entre ces deux extrêmes, le scénario de transmission partielle retenu par le gouvernement ne minimise pas chaque indicateur pris isolément, mais il est le seul à limiter simultanément le dérapage budgétaire et l'effondrement de l'investissement. La question centrale qui structure ce choix reste politique autant qu'économique : un compromis qui ne satisfait personne pleinement peut-il rester tenable dans la durée, si le choc pétrolier venait à se prolonger au-delà de 2028 ?

Par Désiré Kaffo · août 7, 2026 · 3 min de lecture
Emploi

Emploi : le vrai chantier de l’émergence camerounaise

79,5% de la population active en situation de sous-emploi, un secteur informel qui absorbe environ 90% des actifs : plus de 60% des Camerounais ont moins de 25 ans, mais cette jeunesse reste le principal point de fragilité de la stratégie nationale plutôt que sa force motrice. Chaque année, environ 400 000 nouveaux actifs arrivent sur le marché du travail. Face à eux, la création nette d'emplois plafonne à 363 889 par an dans le scénario de référence de la SND30, et à 536 661 dans le scénario le plus optimiste — un écart qui ne se referme dans aucune des deux hypothèses. Cinq axes d'intervention publique existent, de l'approche à haute intensité de main-d'œuvre à la formalisation des petites entreprises, mais leurs résultats concrets restent très en retrait des ambitions affichées en 2020. La question centrale de ce dossier reste posée sans réponse simple : sans un choc d'offre productive massif, l'emploi restera-t-il durablement le talon d'Achille de l'émergence camerounaise, quelle que soit la vigueur de la croissance macroéconomique ?

Par Désiré Kaffo · août 4, 2026 · 5 min de lecture
Économie

Croissance camerounaise : la résilience a ses limites

3,5% de croissance en 2025, un chiffre stable malgré un environnement mondial chahuté par les tensions commerciales puis par le conflit au Moyen-Orient : l'économie camerounaise a tenu. Mais ce chiffre en trompe-l'œil masque une réalité plus contrastée. Le secteur tertiaire progresse de 4,3%, porté par les télécommunications et les banques, confirmant la mue du pays en économie de services. Les hydrocarbures, eux, s'enfoncent dans un déclin structurel de 6,6% sur l'année, et l'industrialisation promise par la Stratégie Nationale de Développement continue de piétiner : la valeur ajoutée manufacturière stagne autour de 13 à 14% du PIB, loin de l'objectif de 25% fixé pour 2030. Le déficit commercial, lui, s'est creusé à 2 098 milliards de francs CFA, porté par le repli des exportations pétrolières. Face à ces signaux contrastés, une question centrale se pose pour la décennie qui s'ouvre : la croissance camerounaise peut-elle rester résiliente sans jamais devenir transformatrice, ou l'écart entre stabilité conjoncturelle et industrialisation réelle finira-t-il par se payer ?

Par Désiré Kaffo · août 2, 2026 · 5 min de lecture
Économie

Cameroun 2025 : dix indicateurs d’une année sous tension

3,5% de croissance, 40,3% de dette publique rapportée au PIB, 79% de sous-emploi : dix chiffres suffisent à résumer une année 2025 marquée par une résilience réelle mais fragile. Le secteur tertiaire progresse de 4,3%, porté par les télécommunications et les services financiers, pendant que le secteur primaire ralentit à 1,8%, pénalisé par le recul de l'agriculture industrielle d'exportation. Côté finances publiques, les recettes internes atteignent 4 928 milliards de francs CFA face à 5 752 milliards de dépenses, creusant un déficit budgétaire équivalant à 2,1% du PIB. La valeur ajoutée manufacturière reste proche de 14% du PIB, loin de la cible de 25% fixée pour 2030, tandis que la part du budget transférée aux collectivités territoriales décentralisées atteint 23,3% et dépasse largement l'objectif initial de 15%. Ce panorama chiffré pose une question centrale pour la seconde moitié de la décennie : ces dix indicateurs, pris ensemble, dessinent-ils une trajectoire de rattrapage progressif, ou un déséquilibre structurel appelé à se prolonger au-delà de 2030 ?

Par Désiré Kaffo · juillet 28, 2026 · 2 min de lecture