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Désiré Kaffo

Administrateur/administratrice horizons237newspaper0488.live-website.com
Environnement

Plan National Climat : l’urgence d’agir

Adopté par arrêté du Premier ministre le 11 juillet 2025, le Plan National Climat fixe un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 35% d'ici 2030, dans un pays exposé à des risques climatiques majeurs : sécheresses dans le Septentrion, inondations dans le Littoral et l'Extrême-Nord, glissements de terrain sur les Hauts-Plateaux. Les pertes économiques liées à un choc climatique majeur sont estimées à plusieurs centaines de milliards de francs CFA par an, dans un pays où l'agriculture emploie 45% de la population active et où l'hydroélectricité fournit 80% de l'électricité nationale. Le coût de mise en œuvre du plan sur la période 2025-2030 se chiffre en plusieurs milliers de milliards de francs CFA, face à des sources de financement encore limitées, entre budget national contraint, accès restreint au Fonds vert pour le climat et coordination interministérielle jugée encore faible. La question centrale que pose ce plan récent reste entière : sa mise en œuvre concrète suivra-t-elle le rythme de l'urgence climatique qu'il décrit lui-même, ou restera-t-il un cadre stratégique sans traduction budgétaire suffisante ?

Par Désiré Kaffo · août 17, 2026 · 4 min de lecture
Numérique

Souveraineté numérique : une feuille de route open source

Quatre étapes plutôt qu'une déclaration d'intention : cartographier les logiciels propriétaires en usage dans l'administration et leur coût annuel, prioriser les migrations à faible risque, former les agents publics avant tout déploiement, puis institutionnaliser la démarche via une structure dédiée au mandat clair. C'est la feuille de route que propose ce dossier pour transformer le logiciel libre en levier réel de souveraineté numérique pour l'État camerounais, plutôt qu'en simple slogan technologique périodiquement évoqué sans suite opérationnelle. La bureautique, les plateformes éducatives et certains services de santé de première ligne constituent des terrains de migration progressive à faible risque. Mais le principal actif de cette stratégie n'est pas le logiciel lui-même : ce sont les compétences humaines capables de le déployer et de le maintenir dans la durée, sans quoi le risque est de remplacer une dépendance étrangère par une dépendance équivalente à un prestataire unique. La question centrale de cette feuille de route reste institutionnelle : quelle structure de l'État portera ce mandat dans la durée, au-delà d'un simple projet pilote isolé ?

Par Désiré Kaffo · août 16, 2026 · 3 min de lecture
Numérique

Logiciel libre : la souveraineté numérique à portée de code

Plusieurs milliards de francs CFA dépensés chaque année en licences de logiciels propriétaires par l'administration camerounaise, contre un modèle alternatif fondé sur quatre libertés fondamentales — utiliser, étudier, distribuer et améliorer le code source : le logiciel libre reste largement sous-exploité au Cameroun, malgré des usages déjà réels dans la santé et l'éducation via des plateformes comme OpenMRS ou Moodle. La dépendance aux logiciels propriétaires expose le pays à des risques identifiés : failles de sécurité non vérifiables, arrêt unilatéral du support par un fournisseur étranger, coûts de licence qui augmentent chaque année sans contrepartie de souveraineté. Plusieurs pays offrent des modèles inspirants, du Rwanda qui a économisé des millions de dollars en déployant Linux dans l'éducation, à l'Allemagne où la ville de Munich a migré l'ensemble de son administration. La Stratégie Nationale de Développement aborde le numérique comme un levier de croissance, sans toutefois mentionner explicitement le logiciel libre. La question centrale demeure : le Cameroun peut-il transformer des compétences locales déjà réelles en une véritable stratégie nationale de souveraineté numérique ?

Par Désiré Kaffo · août 15, 2026 · 5 min de lecture
Sport

Lionnes Indomptables : du sacre à un projet durable

Trois buts inscrits avant la pause en finale contre le Malawi : le titre continental des Lionnes Indomptables est acquis, mais un sacre, aussi historique soit-il, ne construit pas à lui seul une politique sportive durable. La qualification pour la Coupe du Monde féminine 2027 au Brésil change la nature de l'enjeu, imposant un calendrier de préparation resserré et des moyens logistiques à la hauteur de l'ambition affichée par la fédération. C'est là que se joue la vraie transformation : un titre continental peut rester un moment de fierté isolé, ou devenir le point de départ d'une politique publique structurée — centres de formation dédiés, championnat national féminin professionnalisé, détection des talents dès le plus jeune âge, valorisation économique de l'image des championnes via le sponsoring et les droits télévisés. Plusieurs fédérations africaines ayant connu un sacre continental féminin ont fait des choix contrastés par le passé, certaines consolidant un cercle vertueux, d'autres laissant retomber l'élan. La question centrale reste entière : quel choix les autorités sportives camerounaises feront-elles dans les prochains mois, avant que l'attention médiatique ne se déplace ailleurs ?

Par Désiré Kaffo · août 14, 2026 · 3 min de lecture
Sport

CAN féminine 2026 : les Lionnes au sommet

Repêchées in extremis après leur élimination par l'Algérie en qualifications, les Lionnes Indomptables ont décroché le 16 août 2026 leur tout premier titre continental féminin, en battant le Malawi 3-0 en finale à Rabat. Sur leur route vers ce sacre inédit, les Camerounaises ont réalisé l'exploit de battre le Nigeria, favori historique de la compétition avec dix titres remportés sur treize éditions, puis le Maroc, pays hôte du tournoi, aux tirs au but en demi-finale. En atteignant les demi-finales, elles ont dans le même mouvement validé leur qualification pour la Coupe du Monde féminine 2027 au Brésil. Plusieurs distinctions individuelles sont venues récompenser cette performance collective, de la meilleure gardienne du tournoi à la meilleure joueuse de la compétition. Au-delà du symbole sportif, dans un contexte économique national marqué par des arbitrages budgétaires difficiles, cette victoire soulève une question centrale : ce sacre restera-t-il un moment de fierté isolé, ou deviendra-t-il le point de départ d'une politique publique durable pour le football féminin camerounais ?

Par Désiré Kaffo · août 13, 2026 · 4 min de lecture
Politique

Cameroun 2030 : sept décisions avant que tout se referme

Entre un secteur pétrolier en déclin structurel, une dette publique qui pourrait absorber plus de la moitié des recettes fiscales d'ici 2028, et un choc pétrolier qui a déjà réduit l'espace budgétaire disponible, l'heure des choix ne se résume pas à une réforme unique pour le Cameroun. Sept priorités concrètes se dégagent des différents diagnostics officiels disponibles à mi-parcours de la Stratégie Nationale de Développement : concentrer l'ambition industrielle sur un nombre restreint de filières, faire de l'emploi un critère d'arbitrage des projets publics, réduire la dépendance aux produits pétroliers raffinés, finaliser enfin la réforme foncière, professionnaliser la gouvernance des entreprises publiques, mobiliser davantage les recettes fiscales non pétrolières, et accélérer l'exécution du budget d'investissement public. Aucune de ces sept décisions n'est suffisante prise isolément. La question centrale qui les relie toutes reste ouverte : ces priorités peuvent-elles être mises en œuvre simultanément avant que les marges budgétaires, déjà sous tension depuis 2026, ne se referment durablement sur la seconde moitié de la décennie ?

Par Désiré Kaffo · août 12, 2026 · 3 min de lecture
Économie

Foncier : la réforme qui n’en finit pas

Un code foncier qui date de 1974, des délais d'expropriation pouvant s'étaler de deux à cinq ans, une première phase de sécurisation portant sur 350 464 hectares dans la seule Plaine Centrale : la réforme foncière camerounaise, présentée dès 2020 comme une priorité de la Stratégie Nationale de Développement, reste inachevée cinq ans plus tard. Trois secteurs entiers en dépendent directement : l'industrialisation, avec les zones économiques spéciales et les grands projets miniers de Mbalam et Minim-Martap ; l'agriculture, avec les 400 000 hectares que doit mobiliser le Plan Intégré d'Import-Substitution ; et le logement, dont le déficit national dépasse un million d'unités. Les conflits fonciers récurrents entre communautés coutumières, exploitants et promoteurs continuent de retarder des projets déjà engagés, tandis que la digitalisation du cadastre progresse lentement. Face à un cadre juridique hérité d'une autre époque, la question centrale demeure : le Cameroun peut-il finaliser une réforme aussi structurante avant la fin de la décennie, sans une volonté politique clairement assumée au plus haut niveau de l'État ?

Par Désiré Kaffo · août 11, 2026 · 4 min de lecture
Économie Premium

Entreprises publiques : le passif qui inquiète

SONARA à l'arrêt depuis un incendie survenu en 2019, CAMRAIL vieillissant sur un réseau ferroviaire de 1 200 kilomètres, CAMWATER confrontée à des pertes en eau supérieures à 40% : le portefeuille public camerounais reste largement déficitaire, malgré plusieurs plans de redressement engagés ces dernières années. Le dernier rapport consolidé de l'ex-Commission Technique de Réhabilitation dresse un constat sans détour : les résultats nets sont négatifs dans l'agriculture, l'industrie, le BTP et les transports, et mixtes seulement dans l'énergie et l'eau. La Stratégie Nationale de Développement prévoyait pourtant des objectifs précis — fixation de dividendes, évaluation triennale des dirigeants, introduction en bourse des grandes entités — dont l'exécution reste très en retrait à mi-parcours. Ces entreprises représentent aujourd'hui un risque budgétaire réel pour l'État, entre garanties d'emprunts, subventions récurrentes et arriérés de paiement. La question centrale reste posée aux autorités : la reconstruction annoncée de la SONARA et les plans de redressement en cours suffiront-ils à transformer ces passifs en véritables leviers d'industrialisation d'ici 2030 ?

Par Désiré Kaffo · août 10, 2026 · 5 min de lecture
Grand entretien Premium

Jean Tchoffo : « la SND30 n’est pas morte »

À mi-parcours de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030, le constat officiel est contrasté : la croissance résiste à 3,5%, mais l'industrialisation et l'emploi accusent un net retard face aux objectifs fixés en 2020. Jean Tchoffo, Secrétaire Général du Ministère de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du Territoire, revient pour Horizons 237 sur ce bilan et sur la réponse du gouvernement au choc pétrolier déclenché par le conflit au Moyen-Orient en février 2026. Il détaille l'arbitrage retenu entre les trois scénarios simulés par son ministère — gel total, transmission partielle et transmission intégrale des prix à la pompe — et revient sur les chantiers prioritaires pour la seconde moitié de la décennie : énergie, infrastructures de transport, agro-industrie et numérique. Face à un sous-emploi qui touche toujours 79% de la population active, il évoque également les limites et les leviers des programmes publics existants. La question centrale de cet entretien reste celle du calendrier : la SND30 peut-elle réellement se réinventer sans revoir ses objectifs chiffrés initiaux ?

Par Désiré Kaffo · août 9, 2026 · 6 min de lecture
Politique

Décentralisation : le pari gagné de la SND30 ?

23,3% des ressources propres de l'État transférées aux collectivités territoriales décentralisées en 2025, contre 9,96% en 2021 et un objectif fixé à 15% : la décentralisation est l'un des rares domaines où la Stratégie Nationale de Développement a atteint, et même dépassé, ses propres ambitions. La Dotation Générale à la Décentralisation a été multipliée par près de trente en quatre ans. Mais cette réussite institutionnelle contraste avec des progrès plus lents ailleurs dans le pilier gouvernance : le taux d'exécution des décisions de justice plafonne à 40,8%, loin de l'objectif de 53,3%, et le Cameroun reste mal classé dans les indices internationaux de climat des affaires, à la 167e place sur 190 pays dans l'indice Doing Business. Les collectivités locales elles-mêmes manquent encore de personnels qualifiés pour exercer pleinement leurs nouvelles compétences. Cette question reste ouverte : la réussite de la décentralisation peut-elle, à elle seule, entraîner une amélioration plus large de la gouvernance camerounaise, ou ces deux chantiers avancent-ils selon des logiques trop différentes pour converger ?

Par Désiré Kaffo · août 8, 2026 · 5 min de lecture