Plan National Climat : l’urgence d’agir
Adopté par arrêté du Premier ministre le 11 juillet 2025, le Plan National Climat fixe un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 35% d'ici 2030, dans un pays exposé à des risques climatiques majeurs : sécheresses dans le Septentrion, inondations dans le Littoral et l'Extrême-Nord, glissements de terrain sur les Hauts-Plateaux. Les pertes économiques liées à un choc climatique majeur sont estimées à plusieurs centaines de milliards de francs CFA par an, dans un pays où l'agriculture emploie 45% de la population active et où l'hydroélectricité fournit 80% de l'électricité nationale. Le coût de mise en œuvre du plan sur la période 2025-2030 se chiffre en plusieurs milliers de milliards de francs CFA, face à des sources de financement encore limitées, entre budget national contraint, accès restreint au Fonds vert pour le climat et coordination interministérielle jugée encore faible. La question centrale que pose ce plan récent reste entière : sa mise en œuvre concrète suivra-t-elle le rythme de l'urgence climatique qu'il décrit lui-même, ou restera-t-il un cadre stratégique sans traduction budgétaire suffisante ?
