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Désiré Kaffo

Administrateur/administratrice horizons237newspaper0488.live-website.com
Économie

Pouvoir d’achat ou budget : le compromis le moins mauvais

0,70% du PIB de subvention dans le scénario du gel total des prix, contre un coût budgétaire nul dans celui de la transmission intégrale : le choc pétrolier de 2026 impose un arbitrage sans solution indolore pour les finances publiques camerounaises. Le gel protège la consommation des ménages dès la première année, mais l'investissement total chute de plus de 20% sur trois ans dans ce scénario. À l'inverse, la transmission totale du prix du baril aux consommateurs fait disparaître le coût budgétaire, mais concentre l'ajustement sur le pouvoir d'achat, le transport et le commerce. Entre ces deux extrêmes, le scénario de transmission partielle retenu par le gouvernement ne minimise pas chaque indicateur pris isolément, mais il est le seul à limiter simultanément le dérapage budgétaire et l'effondrement de l'investissement. La question centrale qui structure ce choix reste politique autant qu'économique : un compromis qui ne satisfait personne pleinement peut-il rester tenable dans la durée, si le choc pétrolier venait à se prolonger au-delà de 2028 ?

Par Désiré Kaffo · août 7, 2026 · 3 min de lecture
International

Cameroun : comment le conflit du Moyen-Orient nous touche

Le 28 février 2026, un conflit armé éclate au Moyen-Orient. Le détroit d'Ormuz est bloqué, le baril de Brent bondit de 72 à plus de 110 dollars : pour le Cameroun, importateur net de produits raffinés, c'est une onde de choc qui menace à la fois les équilibres budgétaires et le pouvoir d'achat des ménages. Le Fonds monétaire international classe ce choc externe en catégorie 3, avec des effets qui se propagent par quatre canaux distincts — énergétique, logistique, financier et celui des anticipations. Face à cet arbitrage, le ministère de l'Économie a simulé trois scénarios de réponse, du gel total des prix à la transmission intégrale sur les consommateurs, chacun avec des conséquences différentes sur la croissance, l'investissement et le budget de l'État. Le secteur de la construction apparaît comme le plus exposé, avec un recul cumulé pouvant atteindre 14,39% sur trois ans. La question centrale que pose ce choc reste entière : entre protection immédiate du pouvoir d'achat et soutenabilité budgétaire à moyen terme, quel équilibre le Cameroun peut-il réellement tenir dans la durée ?

Par Désiré Kaffo · août 6, 2026 · 6 min de lecture
Finances publiques

Finances publiques : la dette à l’épreuve des chocs

714,3 milliards de francs CFA de déficit budgétaire, soit 2,1% du PIB ; une dette publique qui approche 40,3% du PIB : la trajectoire budgétaire du Cameroun ressemble à une équation de plus en plus difficile à résoudre. Les recettes pétrolières se sont effondrées de 121,5 milliards de francs CFA sur l'année, tandis que la pression fiscale hors pétrole reste inférieure à 13% du PIB, loin de l'objectif de 17% fixé par la stratégie nationale. La charge de la dette, qui absorbait 28,3% des recettes internes en 2024, pourrait dépasser 53,5% d'ici 2028 selon les projections officielles du ministère de l'Économie. Le gouvernement lui-même identifie six risques macro-budgétaires majeurs, de la dégradation climatique à l'accroissement de la dette, en passant par les passifs conditionnels des entreprises publiques. Face à cette cartographie de risques établie par les autorités elles-mêmes, une question centrale se pose : le Cameroun dispose-t-il d'une marge de manœuvre budgétaire suffisante pour absorber un nouveau choc externe avant la fin de la décennie ?

Par Désiré Kaffo · août 5, 2026 · 5 min de lecture
Emploi

Emploi : le vrai chantier de l’émergence camerounaise

79,5% de la population active en situation de sous-emploi, un secteur informel qui absorbe environ 90% des actifs : plus de 60% des Camerounais ont moins de 25 ans, mais cette jeunesse reste le principal point de fragilité de la stratégie nationale plutôt que sa force motrice. Chaque année, environ 400 000 nouveaux actifs arrivent sur le marché du travail. Face à eux, la création nette d'emplois plafonne à 363 889 par an dans le scénario de référence de la SND30, et à 536 661 dans le scénario le plus optimiste — un écart qui ne se referme dans aucune des deux hypothèses. Cinq axes d'intervention publique existent, de l'approche à haute intensité de main-d'œuvre à la formalisation des petites entreprises, mais leurs résultats concrets restent très en retrait des ambitions affichées en 2020. La question centrale de ce dossier reste posée sans réponse simple : sans un choc d'offre productive massif, l'emploi restera-t-il durablement le talon d'Achille de l'émergence camerounaise, quelle que soit la vigueur de la croissance macroéconomique ?

Par Désiré Kaffo · août 4, 2026 · 5 min de lecture
Société

Capital humain : investir avant que la démographie ne pèse

80,7% de taux d'achèvement du primaire, plus de quatre millions de personnes enrôlées à la Couverture Santé Universelle, mais une mortalité maternelle encore très supérieure à l'objectif 2030 : le capital humain camerounais progresse par à-coups. Plus de 60% des Camerounais ont moins de 25 ans, un atout démographique considérable si le système éducatif et sanitaire parvient à transformer cette jeunesse en compétences productives. Mais les disparités régionales entre le Septentrion et le reste du pays, la pratique encore insuffisante du bilinguisme, et un budget de la santé qui reste inférieur au seuil de 5% visé par la stratégie nationale, freinent cette conversion. Le rapport d'évaluation à mi-parcours de la Stratégie Nationale de Développement est clair : ces investissements ne sont pas des dépenses sociales annexes, mais une condition de la transformation économique elle-même. La question centrale reste entière : le pays formera-t-il sa jeunesse assez vite pour transformer ce qui pourrait devenir un risque démographique en véritable dividende économique d'ici 2030 ?

Par Désiré Kaffo · août 3, 2026 · 3 min de lecture
Économie

Croissance camerounaise : la résilience a ses limites

3,5% de croissance en 2025, un chiffre stable malgré un environnement mondial chahuté par les tensions commerciales puis par le conflit au Moyen-Orient : l'économie camerounaise a tenu. Mais ce chiffre en trompe-l'œil masque une réalité plus contrastée. Le secteur tertiaire progresse de 4,3%, porté par les télécommunications et les banques, confirmant la mue du pays en économie de services. Les hydrocarbures, eux, s'enfoncent dans un déclin structurel de 6,6% sur l'année, et l'industrialisation promise par la Stratégie Nationale de Développement continue de piétiner : la valeur ajoutée manufacturière stagne autour de 13 à 14% du PIB, loin de l'objectif de 25% fixé pour 2030. Le déficit commercial, lui, s'est creusé à 2 098 milliards de francs CFA, porté par le repli des exportations pétrolières. Face à ces signaux contrastés, une question centrale se pose pour la décennie qui s'ouvre : la croissance camerounaise peut-elle rester résiliente sans jamais devenir transformatrice, ou l'écart entre stabilité conjoncturelle et industrialisation réelle finira-t-il par se payer ?

Par Désiré Kaffo · août 2, 2026 · 5 min de lecture
Politique Premium

SND30 à mi-parcours : un bilan à deux vitesses

23,3% du budget transféré aux collectivités locales contre un objectif de 15% ; 79% de sous-emploi contre une cible sous les 50% : la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 avance en ordre dispersé sur ses quatre piliers. La décentralisation est aujourd'hui le seul objectif pleinement atteint et même dépassé. La transformation structurelle, elle, reste très en retard : la valeur ajoutée manufacturière plafonne à 14% du PIB, loin des 25% visés. Le capital humain progresse — le taux d'achèvement du primaire atteint 80,7% — mais la qualité des apprentissages reste fragile. Quant à l'emploi, il demeure le pilier le plus éloigné de sa cible, avec un secteur informel qui continue d'absorber environ 90% des actifs. Ce contraste entre une gouvernance décentralisée qui tient ses promesses et une transformation économique qui peine à démarrer soulève une question centrale pour les cinq années restantes : la réussite d'un seul pilier peut-elle suffire à entraîner les trois autres, ou faut-il revoir en profondeur le calendrier fixé en 2020 ?

Par Désiré Kaffo · août 1, 2026 · 3 min de lecture
Editorial

Éditorial : l’émergence à l’épreuve du réel

3,5% de croissance, 23,3% du budget transféré aux collectivités locales, plus de quatre millions de personnes enrôlées à la Couverture Santé Universelle : à mi-parcours de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030, le Cameroun affiche une résilience réelle face à des chocs successifs, de la pandémie de COVID-19 au conflit au Moyen-Orient déclenché en février 2026. Mais cette résilience conjoncturelle masque des écarts structurels persistants : la valeur ajoutée manufacturière stagne à 14% du PIB contre un objectif de 25% fixé pour 2030, et le sous-emploi touche encore 79% de la population active, malgré plusieurs programmes publics dédiés. Ce dossier spécial d'Horizons 237 propose un état des lieux chiffré et sourcé de la stratégie nationale, secteur par secteur, sans éluder ni les avancées ni les retards. La question qui traverse l'ensemble de ces pages reste ouverte : le Cameroun peut-il transformer une résilience déjà prouvée face aux chocs externes en une trajectoire structurellement différente d'ici l'échéance de 2030 ?

Par Désiré Kaffo · juillet 30, 2026 · 3 min de lecture
Économie

Cameroun 2025 : dix indicateurs d’une année sous tension

3,5% de croissance, 40,3% de dette publique rapportée au PIB, 79% de sous-emploi : dix chiffres suffisent à résumer une année 2025 marquée par une résilience réelle mais fragile. Le secteur tertiaire progresse de 4,3%, porté par les télécommunications et les services financiers, pendant que le secteur primaire ralentit à 1,8%, pénalisé par le recul de l'agriculture industrielle d'exportation. Côté finances publiques, les recettes internes atteignent 4 928 milliards de francs CFA face à 5 752 milliards de dépenses, creusant un déficit budgétaire équivalant à 2,1% du PIB. La valeur ajoutée manufacturière reste proche de 14% du PIB, loin de la cible de 25% fixée pour 2030, tandis que la part du budget transférée aux collectivités territoriales décentralisées atteint 23,3% et dépasse largement l'objectif initial de 15%. Ce panorama chiffré pose une question centrale pour la seconde moitié de la décennie : ces dix indicateurs, pris ensemble, dessinent-ils une trajectoire de rattrapage progressif, ou un déséquilibre structurel appelé à se prolonger au-delà de 2030 ?

Par Désiré Kaffo · juillet 28, 2026 · 2 min de lecture