Notation souveraine : ce que coûte la catégorie spéculative
B- chez S&P, Caa1 chez Moody's, B en perspective négative chez Fitch : ces notes classent la dette camerounaise en catégorie spéculative, avec des conséquences concrètes sur le coût auquel l'État peut emprunter sur les marchés internationaux, déjà mentionnées en creux dans l'article de ce dossier consacré à la diaspora. Une notation dégradée renchérit mécaniquement toute nouvelle émission obligataire et restreint l'accès à certains fonds d'investissement institutionnels, à un moment où la charge de la dette camerounaise est appelée à s'alourdir jusqu'à représenter plus de la moitié des recettes fiscales d'ici 2028 selon les projections déjà citées dans ce dossier. Le secteur bancaire domestique affiche pourtant une résilience relative : la masse monétaire et les dépôts bancaires ont progressé de plus de 13% et 14% respectivement entre fin 2024 et fin 2025, et le ratio de créances douteuses s'est amélioré. Ce contraste entre la solidité relative du système bancaire national et la dégradation de la perception du risque souverain international pose une question centrale : la stratégie de financements concessionnels privilégiée par l'État peut-elle compenser durablement un accès plus coûteux aux marchés de capitaux ouverts ?
