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Désiré Kaffo

Administrateur/administratrice horizons237newspaper0488.live-website.com
Économie Premium

Notation souveraine : ce que coûte la catégorie spéculative

B- chez S&P, Caa1 chez Moody's, B en perspective négative chez Fitch : ces notes classent la dette camerounaise en catégorie spéculative, avec des conséquences concrètes sur le coût auquel l'État peut emprunter sur les marchés internationaux, déjà mentionnées en creux dans l'article de ce dossier consacré à la diaspora. Une notation dégradée renchérit mécaniquement toute nouvelle émission obligataire et restreint l'accès à certains fonds d'investissement institutionnels, à un moment où la charge de la dette camerounaise est appelée à s'alourdir jusqu'à représenter plus de la moitié des recettes fiscales d'ici 2028 selon les projections déjà citées dans ce dossier. Le secteur bancaire domestique affiche pourtant une résilience relative : la masse monétaire et les dépôts bancaires ont progressé de plus de 13% et 14% respectivement entre fin 2024 et fin 2025, et le ratio de créances douteuses s'est amélioré. Ce contraste entre la solidité relative du système bancaire national et la dégradation de la perception du risque souverain international pose une question centrale : la stratégie de financements concessionnels privilégiée par l'État peut-elle compenser durablement un accès plus coûteux aux marchés de capitaux ouverts ?

Par Désiré Kaffo · septembre 5, 2026 · 3 min de lecture
Société

Migration : pourquoi la jeunesse tente sa chance

Environ 400 000 nouveaux entrants arrivent chaque année sur le marché du travail camerounais, pour une création nette d'emplois très inférieure à ce chiffre selon les données déjà présentées dans ce dossier. Cet écart alimente directement le départ, par des voies souvent irrégulières et dangereuses, d'une partie de la jeunesse vers l'Europe — historiquement via la route libyenne, aujourd'hui davantage via le Maroc et l'enclave espagnole de Ceuta, avec une pression particulièrement visible depuis une forte poussée observée fin juillet 2026. Le Royaume-Uni a suspendu, depuis le 26 mars 2026, la délivrance de visas étudiants aux ressortissants camerounais en invoquant une hausse des demandes d'asile, tandis que le nouveau pacte européen sur la migration et l'asile, entré en application en juin 2026, durcit encore les conditions d'installation régulière. Les témoignages recueillis par la presse convergent : le départ est vécu comme une stratégie de survie face au chômage local, plus que comme un choix positif vers l'ailleurs. La question centrale reste celle des causes : un durcissement des politiques d'accueil européennes peut-il réduire la pression migratoire sans que le marché du travail camerounais n'absorbe davantage ses nouveaux entrants ?

Par Désiré Kaffo · septembre 4, 2026 · 3 min de lecture
Société

15 mineures retrouvées dans une concession à Essos

Une perquisition à Yaoundé relance la question de la vigilance face à l'enfance cachée. Mercredi 2 septembre, les éléments du 16e arrondissement de police ont découvert, à Essos, une concession fortement barricadée abritant quinze mineures âgées de 2 à 15 ans. Deux femmes chargées de leur encadrement ont été interpellées et conduites, avec les enfants, au Commissariat central n°4. La perquisition a mis au jour plusieurs dortoirs, d'importantes réserves de vivres, des vêtements, des jouets et une centaine de disques durs, dont l'exploitation devrait éclairer les enquêteurs. À ce stade, ni la provenance exacte des enfants ni la nature précise des activités menées sur place ne sont établies : aucune conclusion définitive n'a été tirée sur une éventuelle traite ou exploitation, cela relève désormais du travail de l'enquête. Cette découverte engage plusieurs institutions à la fois — services sociaux, justice, autorités locales — et rappelle qu'une vigilance de voisinage reste souvent ce qui permet de faire remonter plus tôt ce type de situation coupée du regard extérieur.

Par Désiré Kaffo · septembre 4, 2026 · 3 min de lecture
Société

Santé : hôpitaux fragiles, évacuations à l’étranger

La Couverture Santé Universelle a dépassé sa cible intermédiaire avec plus de quatre millions de personnes enrôlées, mais ce chiffre masque un système hospitalier confronté à une pénurie chronique de personnel qualifié en dehors des grandes métropoles, à des plateaux techniques vieillissants, et à un budget public de la santé qui reste sous le seuil de 5% visé par la SND30. Ces contraintes alimentent un recours croissant à l'évacuation sanitaire à l'étranger parmi les élites camerounaises qui en ont les moyens — une pratique dont l'absence prolongée de Paul Biya en Suisse durant l'été 2026, documentée par ailleurs dans ce dossier, constitue l'exemple le plus visible, mais qui touche plus largement les cadres du pays disposant de ressources financières suffisantes. La mortalité maternelle reste très supérieure à l'objectif fixé pour 2030, à 464 décès pour 100 000 naissances. La question centrale que pose ce contraste reste concrète : enrôler des millions de bénéficiaires à un régime d'assurance santé suffit-il, si les médecins, les équipements et les plateaux techniques ne suivent pas au même rythme dans l'ensemble des régions du pays ?

Par Désiré Kaffo · septembre 3, 2026 · 3 min de lecture
Économie Premium

Secteur minier : Mbalam, une décennie de faux départs

Dix-neuf ans après l'obtention du premier permis de recherche en 2007, le gisement de fer de Mbalam illustre à quel point les délais miniers camerounais peuvent s'étirer. Retiré à la junior australienne Sundance Resources entre 2020 et 2022 au profit de partenaires chinois, le projet a fini par démarrer sa production fin 2023, mais les premières exportations, attendues au premier trimestre 2026, restaient non confirmées au moment de la rédaction. Sundance conteste ce retrait devant la Cour internationale d'arbitrage de Paris, réclamant environ 3 400 milliards de francs CFA aux États camerounais et congolais ; une sentence rendue à l'été 2026 aurait tranché en défaveur du Cameroun, pour un montant que plusieurs sources de presse ne s'accordent pas à confirmer officiellement. Le gisement de bauxite de Minim-Martap et d'autres projets miniers annoncés — or de Colomine, cobalt et nickel de Nkamouna — suivent des trajectoires de développement tout aussi lentes. La question centrale reste celle du calendrier réel : combien de temps encore l'écart entre annonce minière et recette fiscale effective continuera-t-il de se compter en décennies plutôt qu'en années ?

Par Désiré Kaffo · septembre 2, 2026 · 4 min de lecture
Politique

Justice : tribunal cambriolé, civils devant le militaire

Un taux d'exécution des décisions de justice de 40,8%, déjà documenté dans ce dossier, prend un relief plus préoccupant à la lumière de deux développements récents : le cambriolage du Tribunal Criminel Spécial, institution censée incarner la lutte contre l'impunité financière, où plusieurs dossiers sensibles auraient disparu selon la presse camerounaise ; et le recours croissant à la justice militaire pour juger des civils proches de l'opposition depuis la crise post-électorale, une pratique que le droit international des droits humains réserve en principe à des infractions strictement liées à la défense nationale. Ces épisodes s'ajoutent à des indicateurs structurels déjà fragiles : une surpopulation carcérale de 184,4%, et environ 2 000 prisonniers estimés liés à la seule crise anglophone selon des organisations non gouvernementales, un chiffre non confirmé par un registre officiel public. La question centrale que pose ce dossier reste institutionnelle : un système judiciaire déjà sous tension structurelle peut-il absorber ces pressions supplémentaires sans que la confiance dans l'État de droit ne se dégrade davantage ?

Par Désiré Kaffo · septembre 1, 2026 · 3 min de lecture
Société Premium

Crise anglophone : dix ans, un bilan très lourd

Au moins 6 000 morts et 638 000 déplacés internes selon Human Rights Watch, un bilan encore plus lourd selon d'autres estimations : dix ans après son déclenchement fin 2016, la crise anglophone dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest reste l'un des chantiers les plus lourds — et les moins documentés dans le débat public — de la décennie camerounaise. Les autorités ont annoncé à plusieurs reprises une réduction de la menace séparatiste, mais la violence n'a pas cessé : des attaques distinctes ont fait au moins 23 morts entre décembre 2025 et janvier 2026, en majorité des femmes et des enfants. Coup de théâtre judiciaire : la Cour suprême a annulé le 19 mars 2026 les condamnations à perpétuité de dix dirigeants séparatistes, un revirement qui n'a pas produit d'apaisement sur le terrain, pas plus que la visite symbolique du pape Léon XIV à Bamenda en avril 2026. Cette crise recoupe directement plusieurs chantiers déjà traités dans ce dossier — décentralisation, éducation, accès aux soins. La question centrale reste entière : une décennie de conflit non résolu est-elle compatible avec l'objectif d'émergence nationale fixé pour 2030 ?

Par Désiré Kaffo · août 31, 2026 · 4 min de lecture
Politique Premium

Présidentielle 2025 : une crise toujours ouverte

53,66% pour Paul Biya, 35,19% pour Issa Tchiroma Bakary : la présidentielle du 12 octobre 2025 a été suivie d'une contestation qui, un an plus tard, n'a trouvé aucune issue institutionnelle reconnue par les deux camps. Des manifestations postélectorales à Douala et à Garoua ont fait des morts et entraîné plusieurs milliers d'arrestations selon l'opposition, des chiffres non confirmés de manière indépendante. Issa Tchiroma Bakary vit depuis en exil en Gambie, d'où il a saisi la justice française pour compétence universelle, tandis que le bloc d'opposition qui l'avait soutenu s'est fragmenté au fil des mois, entre ruptures publiques et accusations mutuelles. Ce climat politique non résolu éclaire directement d'autres sujets déjà traités dans ce dossier, de l'absence prolongée du président aux 74 jours documentés cet été, à l'absence de nouveau gouvernement depuis l'investiture. La question centrale reste ouverte : sans mécanisme reconnu par les deux parties pour trancher le désaccord sur les résultats, cette crise peut-elle rester gelée indéfiniment sans fragiliser davantage la capacité de l'État à gouverner ?

Par Désiré Kaffo · août 30, 2026 · 4 min de lecture
Politique Premium

Cameroun : 74 jours qui exposent des failles institutionnelles

Paul Biya est rentré à Yaoundé le 20 août 2026, après 74 jours d'absence en Suisse — la plus longue depuis son arrivée au pouvoir en 1982. Son retour ne referme aucun des dossiers restés en suspens pendant qu'il gouvernait par décret depuis Genève : le poste de vice-président, créé par une révision constitutionnelle adoptée le 4 avril 2026, reste vacant plus de quatre mois après son adoption ; aucun nouveau gouvernement n'a été formé depuis l'investiture d'un huitième mandat en novembre 2025 ; et un remaniement du haut commandement militaire a été décidé par décret depuis l'étranger le 3 août, promouvant notamment le commandant de la Garde présidentielle au grade de général, une première depuis la création de cette unité en 1985. Ces faits, largement documentés par la presse camerounaise et internationale, dessinent une question qui dépasse la seule absence présidentielle : à l'heure où le pays doit exécuter la seconde moitié de sa stratégie nationale de développement, quelle est la capacité réelle de l'État à fonctionner lorsque son centre de décision s'éloigne aussi longtemps de la scène publique ?

Par Désiré Kaffo · août 29, 2026 · 4 min de lecture
Société Premium

Rentrée scolaire : le dispositif sécuritaire de l’État

La rentrée scolaire 2026-2027, fixée au 7 septembre, se prépare dans un contexte sécuritaire particulièrement chargé. Réunis le 26 août à Yaoundé sous la présidence de Joseph Beti Assomo, ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, les responsables des forces de défense et de sécurité ont passé en revue plusieurs menaces actives : les incursions terroristes de Boko Haram dans l'Extrême-Nord, les mots d'ordre de "villes mortes" dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les prises d'otages contre rançon dans l'Adamaoua et le Nord, ainsi que la criminalité urbaine. Un accident de la route survenu le 14 août à Nomale, qui a fait 16 morts, a également conduit à inscrire la sécurité routière parmi les priorités de la période de rentrée. Le ministre a assuré que "la situation est globalement maîtrisée", une déclaration qui contraste avec la liste des menaces effectivement recensées lors de la même réunion. La question centrale reste celle de la cohérence : ce dispositif sécuritaire peut-il tenir sur la durée d'une année scolaire entière, dans un pays où la continuité de l'exécutif lui-même fait l'objet de vives interrogations ?

Par Désiré Kaffo · août 28, 2026 · 3 min de lecture