Foncier : la réforme qui n’en finit pas
Un code foncier qui date de 1974, des délais d'expropriation pouvant s'étaler de deux à cinq ans, une première phase de sécurisation portant sur 350 464 hectares dans la seule Plaine Centrale : la réforme foncière camerounaise, présentée dès 2020 comme une priorité de la Stratégie Nationale de Développement, reste inachevée cinq ans plus tard. Trois secteurs entiers en dépendent directement : l'industrialisation, avec les zones économiques spéciales et les grands projets miniers de Mbalam et Minim-Martap ; l'agriculture, avec les 400 000 hectares que doit mobiliser le Plan Intégré d'Import-Substitution ; et le logement, dont le déficit national dépasse un million d'unités. Les conflits fonciers récurrents entre communautés coutumières, exploitants et promoteurs continuent de retarder des projets déjà engagés, tandis que la digitalisation du cadastre progresse lentement. Face à un cadre juridique hérité d'une autre époque, la question centrale demeure : le Cameroun peut-il finaliser une réforme aussi structurante avant la fin de la décennie, sans une volonté politique clairement assumée au plus haut niveau de l'État ?
