Protection sociale : un filet encore trop lâche
22% de couverture sociale en 2018, environ 25% en 2025 : la progression est réelle, mais elle laisse le Cameroun à mi-chemin de l'objectif de 50% fixé par la SND30 pour 2030. Le contraste est frappant avec la réalité du marché du travail national, où environ 90% des actifs évoluent dans l'économie informelle, largement en dehors de tout système de protection contributif. Le système repose aujourd'hui sur un empilement de dispositifs plutôt que sur une architecture intégrée : régime contributif classique, assurance volontaire, transferts monétaires ciblés vers 44 500 ménages vulnérables, et Couverture Santé Universelle en cours de généralisation. Seuls 515 649 travailleurs informels bénéficient à ce jour d'une prestation sociale, sur des dizaines de millions d'actifs informels. Le Registre Social Unifié, censé cibler efficacement l'aide sociale, n'a intégré que 189 000 ménages. La question centrale reste budgétaire autant qu'institutionnelle : sans élargissement de la base contributive, l'écart entre l'ambition affichée pour 2030 et la réalité du terrain peut-il vraiment se refermer ?
