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Société

Santé : hôpitaux fragiles, évacuations à l’étranger

Désiré Kaffo septembre 3, 2026 3 min de lecture 0 alertes

Ce dossier a déjà documenté les avancées de la Couverture Santé Universelle, qui a enrôlé plus de quatre millions de personnes, et le retard persistant sur la mortalité maternelle. Ces indicateurs nationaux masquent une réalité plus concrète : celle d’un système hospitalier confronté à une pénurie chronique de personnel qualifié, à des plateaux techniques vieillissants, et à un recours croissant des élites camerounaises à l’évacuation sanitaire à l’étranger — y compris, selon la presse, au sommet même de l’État.

Un budget de la santé qui reste sous la cible

Le budget public consacré à la santé demeure inférieur au seuil de 5% des dépenses de l’État visé par la SND30, un niveau que ce dossier avait déjà signalé dans son article sur le capital humain. Cette contrainte budgétaire se traduit concrètement par un déficit d’équipements dans les hôpitaux de référence, une pénurie persistante de médecins spécialistes en dehors des deux principales métropoles, et des délais d’attente élevés pour les soins spécialisés — autant de facteurs qui alimentent le recours à l’évacuation sanitaire pour ceux qui en ont les moyens.

Indicateur Valeur
Budget santé / budget de l’État < 4% (objectif SND30 : 5%)
Mortalité maternelle 464 / 100 000 (objectif 2030 : 70)
Personnes enrôlées à la CSU 4,2 millions+
Espérance de vie 58 ans (objectif 2030 : 62-65 ans)

Source : MINSANTE/INS, 2025 ; MINEPAT/CNSE-SND30, 2025.

Le paradoxe de l’évacuation sanitaire

La pratique de l’évacuation sanitaire à l’étranger, courante parmi les élites politiques et économiques du pays, illustre en creux le déficit de confiance envers le système de santé national pour les pathologies les plus lourdes. L’absence prolongée de Paul Biya en Suisse durant l’été 2026, documentée dans notre article sur les 74 jours d’absence présidentielle, en constitue l’exemple le plus visible, mais la pratique dépasse largement le seul chef de l’État et touche une partie plus large des cadres du pays disposant des moyens financiers nécessaires.

La Couverture Santé Universelle, un chantier encore jeune

Lancée officiellement en 2023, la CSU a dépassé sa cible intermédiaire d’enrôlement, avec plus de quatre millions de personnes couvertes. Mais l’inscription à un régime d’assurance ne garantit pas, à elle seule, l’accès effectif à des soins de qualité si les infrastructures et le personnel médical qualifié ne suivent pas au même rythme dans l’ensemble des régions — un décalage que plusieurs professionnels de santé consultés dans la presse spécialisée décrivent comme le principal risque de la généralisation rapide du dispositif.

Enrôler des millions de bénéficiaires à la Couverture Santé Universelle est une chose ; disposer des médecins, des équipements et des plateaux techniques pour honorer cette couverture partout dans le pays en est une autre — c’est ce second chantier qui reste, à ce stade, le moins avancé. — Analyse Horizons 237

Sources

  • MINSANTE/INS, indicateurs de santé, 2025
  • MINEPAT/CNSE-SND30, Rapport d’évaluation à mi-parcours, 2025
  • Presse camerounaise, couverture du système hospitalier, 2026

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