Insécurité alimentaire : les ménages face aux prix
Plus de 500 000 personnes sont déplacées dans la région de l’Extrême-Nord, dont 40 000 nouveaux déplacés recensés entre février et mars 2026 selon les agences humanitaires présentes sur le terrain. Les prix du riz et du maïs ont augmenté de 11 à 16% sur un an. Dans les grandes villes, jusqu’à 100 000 personnes déplacées vivraient en situation de précarité alimentaire à Douala et Yaoundé. La crise alimentaire redoutée pour la période juin-août 2026 s’est bien matérialisée dans plusieurs régions du pays.
L’ampleur de la crise
Les données disponibles auprès des réseaux humanitaires spécialisés dans la sécurité alimentaire pointent une aggravation continue depuis le début de l’année. Plus de 500 000 personnes restent déplacées à l’Extrême-Nord, fuyant les violences persistantes de Boko Haram ainsi que les inondations récurrentes. Les classifications de sécurité alimentaire (phases de crise et d’urgence) couvrent des zones de plus en plus étendues, notamment dans les régions déjà affectées par les conflits dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.
| Région | Population affectée | Niveau de sévérité |
|---|---|---|
| Extrême-Nord | 500 000+ déplacés | Crise à Urgence |
| Nord-Ouest / Sud-Ouest | Déplacés internes | Crise |
| Douala / Yaoundé | ~100 000 déplacés urbains | Sous pression à Crise |
Source : réseaux humanitaires de sécurité alimentaire (classification IPC), 2026.
Une pression aggravée par la hausse des prix
Le panier alimentaire minimum est désormais estimé à environ 12 395 francs CFA par personne et par mois — un niveau que de nombreux ménages déplacés ou vulnérables ne peuvent plus atteindre, alors que les prix du riz et du maïs ont progressé de 11 à 16% en un an. Cette hausse s’inscrit dans un contexte plus large de renchérissement des importations alimentaires, lui-même amplifié par le choc pétrolier de 2026 et la hausse des coûts de transport qui en découle.
Une crise alimentaire ne se résume pas à un déficit de production : elle combine déplacements de population, hausse des prix internationaux et coûts de transport renchéris — trois facteurs qui se sont conjugués au Cameroun au premier semestre 2026. — Analyse Horizons 237
Sources
- Classification IPC (Cadre Intégré de Classification de la Sécurité Alimentaire), 2026
- Réseaux humanitaires de sécurité alimentaire, rapports de suivi 2026
- INS, indices des prix à la consommation, 2026
Dossiers : Cameroun 2030 : le défi de l'émergence
