Cameroun 2030 : sept décisions avant que tout se referme
L’heure des choix ne se résume pas à une réforme unique. Elle impose une séquence cohérente de décisions qui renforcent simultanément la production, la confiance des investisseurs et la résilience du pays face aux chocs extérieurs. Sept priorités se dégagent des différents diagnostics disponibles.
| # | Décision | Domaine |
|---|---|---|
| 1 | Concentrer l’ambition industrielle | Transformation structurelle |
| 2 | Faire de l’emploi un critère d’arbitrage | Emploi |
| 3 | Réduire la dépendance aux produits raffinés | Énergie |
| 4 | Finaliser la réforme foncière | Gouvernance |
| 5 | Professionnaliser les entreprises publiques | Gouvernance |
| 6 | Mobiliser les recettes non pétrolières | Finances publiques |
| 7 | Accélérer l’exécution budgétaire | Finances publiques |
1. Concentrer l’ambition industrielle
Plutôt que de disperser les efforts, concentrer les investissements sur un nombre restreint de filières prioritaires : l’énergie, l’agro-industrie, le numérique et les mines — les secteurs où le Cameroun dispose déjà d’un avantage comparatif réel.
2. Faire de l’emploi un critère d’arbitrage
Intégrer systématiquement l’impact sur l’emploi dans l’évaluation des projets publics et des incitations fiscales, plutôt que de traiter l’emploi comme une conséquence automatique de la croissance.
3. Réduire la dépendance aux produits raffinés
Accélérer la reconstruction de la capacité nationale de raffinage et diversifier le mix énergétique, pour limiter l’exposition du pays aux chocs pétroliers du type de celui traversé en 2026.
4. Finaliser la réforme foncière
Achever un chantier ouvert depuis des décennies, et digitaliser le cadastre pour sécuriser les investissements agricoles, industriels et immobiliers qui restent aujourd’hui freinés par l’incertitude sur les titres fonciers.
5. Professionnaliser la gouvernance des entreprises publiques
Fixer des objectifs de performance mesurables, évaluer les dirigeants sur des critères transparents, et réduire progressivement les subventions récurrentes aux entités les moins performantes.
6. Mobiliser les recettes fiscales non pétrolières
Rapprocher la pression fiscale hors pétrole de l’objectif de 17% du PIB fixé par la stratégie nationale, pour desserrer une contrainte budgétaire appelée à s’aggraver avec le déclin structurel des recettes pétrolières.
7. Accélérer l’exécution du budget d’investissement
Réduire les soldes engagés non décaissés et les délais de paiement, qui pèsent directement sur la crédibilité de l’État auprès de ses fournisseurs et partenaires — et donc, indirectement, sur le coût de tous les projets futurs.
Aucune de ces sept décisions n’est suffisante isolément. Prises ensemble, elles dessinent une trajectoire cohérente pour la seconde moitié de la SND30 — à condition que les marges budgétaires, déjà sous tension, ne se referment pas davantage avant qu’elles ne soient mises en œuvre.
« Les chocs exogènes successifs ont pesé sur la trajectoire de la SND30. Les écarts se creusent entre les objectifs et les réalisations. » — Analyse Horizons 237, d’après le rapport d’évaluation à mi-parcours de la SND30 (CNSE-SND30, MINEPAT, 2025)
Sources
- MINEPAT/CNSE-SND30, Rapport d’évaluation à mi-parcours, 2025
- MINEPAT, Rapport sur l’économie camerounaise, 2025
- MINFI/DP, Tableau de bord des finances publiques, 2026
Dossiers : Cameroun 2030 : le défi de l'émergence
