[Archives] EBOA LOTIN, 20 an sur déjà!

Personne ne devrait parler d’EBOA LOTIN sans être au moins dithyrambique. Monstre sacré, figure de proue, tête de turc, étoile polaire, phare éclairant… toutes ces expressions s’accordent à l’homme, à l’étendue de son talent, à la richesse de son œuvre et à la taille de son héritage.
Vingt ans jour pour jour après sa disparition, sa musique continue de résonner comme un cor qui appelle au rassemblement, comme une cloche qui appelle à la prière, comme un lever de soleil qui annonce une journée radieuse.
Jusqu’à sa mort, EBOA LOTIN ne savait pas déchiffrer une partition. On aurait parié le contraire. Quel talentueux artiste pourtant, quel instrumentiste raffiné, quel compositeur prolifique! On lui apportait une guitare et rien d’autre, il en faisait grincer les cordes et il se mettait à raconter des histoires à n’en plus finir.
Entre les drôles et les satiriques, les mélancoliques et les sarcastiques, les moralisatrices et les pragmatiques, celles à l’eau de rose et celles à l’encre noire des regrets. Il avait la gouaille rêveuse des poètes, les mots d’un pamphlétaire, la prose d’un illuminé, la sagesse d’un ancien, le bon sens d’un cartésien, la rhétorique d’un philosophe et la foi d’un pasteur.
À un ami qui me demandait quel était la plus belle chanson de EBOA LOTIN, j’ai fait cette réponse évidente: « Je n’en sais rien ». Je les connais pourtant toute ou presque. Il n’y en a pas une seule dont la mélodie ne soit parfaite, pas une seule qui ne soit un tube indémodable. Si les artistes avaient pu se faire de l’argent par la musique en son temps, EBOA LOTIN aurait été aussi riche que Crésus.
Ceux qui en parlent le mieux, ce sont les autres musiciens camerounais. Ils ont toujours et tous salué l’inspirateur et le maître qu’ils voyaient en EBOA LOTIN. Ben Decca, Tom Yom’s, Ekambi Brillant, Henri Ndjoh, Rantanplan, Sergio Polo et plus récemment encore les X-Malea… sont unanimes: EBOA LOTIN est un monument absolu de la musique camerounaise. Et même mort, sa contribution à la promotion du savoir-chanter continue de faire des émules.
RIP l’artiste!
