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Société

[Archives] Célestin BEDZIGUI et Maïgari BELLO BOUBA de nouveau à couteaux tirés

Jean Vincent Djenda Mondon décembre 21, 2016 4 min de lecture 0 alertes

Quelques clés pour comprendre la crise au sommet de l’UNDP

  

La séquence litigieuse que Célestin Bedzigui et Maïgari Bello Bouba animent ces jours derniers par médias interposés est le probable épilogue d’une relation tumultueuse, conflictuelle. Depuis la fusion-absorption entre le Parti de l’Alliance Libérale (PAL) et l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP), les épisodes de brouille se sont multipliés jusqu’à rendre la cohabitation impossible.

Dans le climat actuel de défiance à l’égard des hommes politiques et de désaveu des idées qu’ils portent, cette nouvelle bataille de chiffonniers ne sera profitable à personne. D’où il est urgent que les deux parties clarifient rapidement la situation, au besoin en retournant autour d’une table comme du temps de la fusion-absorption, pour définir ensemble les conditions de continuation de leur histoire commune ou de consommation du divorce.

La question in limine litis étant de savoir si les organes internes de l’UNDP sont fondés à exclure un membre dont la qualité et le rôle sont consubstantiels à l’existence du parti?

Les traditions de la démocratie partisane autorisent à répondre à cette question par l’affirmative. Les structures partisanes et leurs idées ont vocation à survivre aux hommes et aux accords qui les lient. Mais du point de vue du droit, les choses sont plus complexes et mériteraient les lumières d’experts en contentieux non judiciaires.
À cet égard, l’accord de fusion des partis de Célestin Bedzigui et Maïgari Bello Bouba scellait un partage de l’exécutif de l’UNDP entre les deux hommes. Pour rendre possible l’éviction de l’un, il faudrait que le contrôle définitif de l’appareil soit entièrement passé à l’autre. Sinon le parti né de l’accord devrait être dissout.

Les rétributions qui sont le fruit des luttes et alliances dans la conquête du pouvoir n’ont pour l’instant profité qu’au seul Bello Bouba. Peut-être Parce que l’UNDP n’a pas réussi le pari de sortir de son enfermement régional et groupusculaire. Elle n’a jamais pu s’imposer comme un parti d’envergure nationale.

Les batailles pour 2018 ont commencé. Quelques uns espèrent un renoncement de Paul Biya qui signifierait redistribution des cartes dans le jeu politique et rendrait toutes les ambitions de nouveau réalisables. Dans cette hypothèse, les candidatures libres auront maille à partir avec la gageur des 500 signatures et manqueront de la logistique électorale qu’offre les partis structurés.
Dans cette hypothèse toujours, ceux qui prétendraient à la la magistrature suprême le pourraient d’autant aisément qu’ils seront adossés à un parti politique visible, avec une histoire, un bilan et de solides idées à défendre. Bello Bouba ne l’ignore pas.

A défaut de ses idées (elle n’en a pas produit une seule depuis déjà 20 ans), Célestin Bedzigui est-il prêt à endosser l’histoire et le bilan de l’UNDP? Car, si le parti de feu Samuel Eboa n’hésite pas à vanter un bilan élogieux, on ne peut mettre à son actif que deux actes majeurs:
– sa constante participation à la conservation du pouvoir par le président national du RDPC
– et sa contribution, par le jeu des alliances, à stabiliser la majorité de confort qui a fait de l’assemblé nationale, en plein multipartisme, une chambre d’enregistrement et de ratification.
Dans l’équation de l’alternance, l’UNDP n’est donc pas un adjuvant mais un facteur de ralentissement et de blocage. Et son bilan tranche net avec le discours de Célestin Bedzigui. Il se pose en opposition frontale et en opposition de réprobation de l’action (ou de l’inaction) des gouvernements successifs depuis 1982. Et de Paul Biya, allié objectif du parti dont il réclame la vice-présidence, il pense qu’il est mou et inapte à porter un projet solide pour le redressement du Cameroun.

Tous ces éléments, pris ensemble, rendent illisible la stratégie de Célestin Bedzigui dans sa volonté de maintien ou de reconquête. Ces éléments renseignent aussi sur les raisons qui ont motivé la volonté de l’évincer, une fois pour toute.

La nuit des longs couteaux ne fait que commencer?

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