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Politique

[Archives] Sassou, l’autocrate qui adorait la cosmétique

Jean Vincent Djenda Mondon décembre 29, 2016 3 min de lecture 0 alertes

La villégiature sans lendemain de Denis SASSOU NGUESSO aux USA m’a rappelé ces lignes écrites en octobre 2015. Comme une contrepartie de l’imposture.

Toutes les images qui ont été tournées au Congo hier racontent, sans exception, la même histoire. Celle du peuple congolais massivement absent des bureaux de vote. En fait de référendum, le tour de passe-passe avait pour objectif de lever les obstacles constitutionnels liés à l’âge et au nombre de mandats qui mettaient Sassou Nguesso hors jeu. De la poudre aux yeux, le président sortant ayant déjà cumulé 31 ans de pouvoir sans partage et un bilan dont le seul point positif est son immense enrichissement personnel.

Denis Sassou Nguesso était pourtant arrivé à la tête du Congo en 1979, porté par des idées de souveraineté du peuple, de respect de la constitution, d’émancipation des libertés individuelles, d’éclosion de la démocratie. Claironnant avec force que « les démocrates ne peuvent pas accepter que la constitution soit violée ». Ce n’était alors qu’un maquillage habile qui présentait un dictateur en herbe sous les oripeaux du démocrate légitimiste.

Quand en 1992, il est battu par Pascal Lissouba, il se retire avec les honneurs et les avantages dus à son rang. Sans être inquiété d’aucun procès, même en intention. Nouvel effet de maquillage. Avec les complicités qu’il s’est constituées en France au plus haut niveau de l’Etat et dans les milieux du pétrole, il ne va faire que préparer son retour aux affaires par la force.

En 1997, il retrouve la présidence du Congo, Sassou Nguesso vient de faire subir l’équivalent de trois guerres de rébellion à son pays. Le sang à beaucoup coulé et pour le retour de la paix, le président régulièrement élu se résout à l’exil. Le grand défenseur de la légalité, de la primauté de la constitution et de la démocratie venait d’enlever son fond de teint; l’avidité du pouvoir révélait (enfin?) un assoiffé de sang.

Septuagénaire et deux fois réélu depuis 1992, Denis Sassou Nguesso avait besoin d’un dernier effet cosmétique. Sous le verni du référendum, le vermoulu d’un coup d’Etat constitutionnel n’a échappé à personne. Il pourra rempiler pour un autre mandat. L’illusion est parfaite.

Son côté caméléon ne doit pourtant plus surprendre . Denis Sassou Nguesso, adepte du décapage devant l’Eternel n’en aura pas été à son premier artifice cosmétique pour paraître ce qu’il n’est pas.

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