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Politique

[Archives] Réflexion sur la CAMRAIL 2/2

Jean Vincent Djenda Mondon octobre 30, 2016 2 min de lecture 0 alertes

 Le pari de la libéralisation du rail

Quoique séduisante, la perspective d’une nationalisation de la Camrail comporte un risque majeur et de potentielles conséquences négatives. Parce qu’elle implique une décision unilatérale en rupture avec les engagements de la concession, elle pourrait fragiliser la parole, la crédibilité du Cameroun. Dans un contexte économique tendu par une succession de plans d’austérité dont on ne voit pas les bénéfices, le Cameroun se passerait bien d’être mis à l’amende et gagnerait plutôt à cultiver son attractivité.

LES VERTUS DE LA LIBÉRALISATION

Il reste donc l’option d’une libéralisation du rail. L’avantage par rapport à une privatisation sèche, c’est qu’elle permet de casser le monopole pour ouvrir le marché à la concurrence. S’il faut ne retenir que deux vertus de la libre concurrence, ce sont:
  • l’amélioration et la diversification du service,
  • le réajustement des prix à la baisse.

EN PRATIQUE

Le secteur ferroviaire compte trois grands corps de métiers qui nécessitent un savoir-faire différent et pointu à chaque fois. Ce sont l’aménagement du réseau ferré, le fret et le transport voyageurs.
En rachetant la REGIFERCAM, le groupe Bolloré Logistics n’avait pas l’expertise nécessaire à l’aménagement de la voirie ferroviaire. Il ne l’a toujours pas et continue de confier ce segment à des sous-traitants. Nous savons aussi que la force de Camrail aujourd’hui, c’est le transport de marchandises. Si la Camrail se donne des moyens insuffisants pour fluidifier le transport des personnes, c’est par respect de la clause incompressible de l’accord de concession qui impose la continuation du service public dont elle a reçu délégation.
L’ouverture à la concurrence permettrait de séparer la logistique (spécialité du groupe Bolloré) de l’aménagement de la voirie ferroviaire (entretien du réseau existant et maillage du reste du territoire) et du transport rapide et sécurisé des personnes (nécessaire à une économie en quête de dynamisme et à l’orée de son éclosion).
Les segments aménagement et transport voyageurs seraient confiés à d’autres consortiums. Et les investissements de l’Etat dans chaque segment, couplés aux apports des repreneurs auraient plus d’impact, plus d’efficacité, plus vite.

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