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Rubrique

Société

Éducation

Éducation : la qualité face à la massification

80,7% d'achèvement du primaire en 2025, contre 67% en 2018 : le Cameroun a massifié l'accès à l'école primaire à un rythme rapide depuis le lancement de la SND30. Mais l'objectif de 100% fixé pour 2030 reste hors d'atteinte au rythme actuel, et le taux de scolarisation secondaire, lui, stagne autour de 47%, loin de la cible de 58%. Plus préoccupant encore : le poids relatif de la formation technique et professionnelle a reculé, passant de 22,2% en 2014 à 18,8% aujourd'hui, alors même que cette filière est censée alimenter directement les secteurs industriels prioritaires de la stratégie nationale. Les disparités régionales entre le Septentrion et le reste du pays restent marquées, et les résultats aux évaluations internationales disponibles pour le Cameroun demeurent faibles. La question centrale que pose ce contraste est simple à formuler : une massification scolaire réussie, mais dont la qualité reste incertaine, peut-elle produire le capital humain dont l'industrialisation camerounaise a besoin d'ici 2030 ?

Par Désiré Kaffo · août 22, 2026 · 2 min de lecture
Société

Protection sociale : un filet encore trop lâche

22% de couverture sociale en 2018, environ 25% en 2025 : la progression est réelle, mais elle laisse le Cameroun à mi-chemin de l'objectif de 50% fixé par la SND30 pour 2030. Le contraste est frappant avec la réalité du marché du travail national, où environ 90% des actifs évoluent dans l'économie informelle, largement en dehors de tout système de protection contributif. Le système repose aujourd'hui sur un empilement de dispositifs plutôt que sur une architecture intégrée : régime contributif classique, assurance volontaire, transferts monétaires ciblés vers 44 500 ménages vulnérables, et Couverture Santé Universelle en cours de généralisation. Seuls 515 649 travailleurs informels bénéficient à ce jour d'une prestation sociale, sur des dizaines de millions d'actifs informels. Le Registre Social Unifié, censé cibler efficacement l'aide sociale, n'a intégré que 189 000 ménages. La question centrale reste budgétaire autant qu'institutionnelle : sans élargissement de la base contributive, l'écart entre l'ambition affichée pour 2030 et la réalité du terrain peut-il vraiment se refermer ?

Par Désiré Kaffo · août 21, 2026 · 2 min de lecture
Environnement

Plan National Climat : cinq chantiers pour la résilience

Un plan stratégique cohérent sur le papier, mais dont la crédibilité dépendra de sa traduction en budgets tracés et en capacités locales réellement opérationnelles : cinq chantiers concrets conditionnent la mise en œuvre effective du Plan National Climat camerounais, adopté en juillet 2025. Des budgets climatiques traçables, où chaque programme prioritaire identifie clairement son coût et son calendrier ; des collectivités locales équipées, en première ligne face aux inondations et aux sécheresses ; une agriculture réellement adaptée, entre semences résistantes et assurance indicielle ; un mix énergétique diversifié, pour compenser la dépendance à une hydroélectricité déjà mise à l'épreuve lors des périodes d'étiage ; et un financement mobilisé à la hauteur de l'ambition affichée, entre budget national, Fonds vert pour le climat et partenariats public-privé verts. Pris séparément, chacun de ces chantiers relève de l'évidence. La question centrale reste dans leur exécution simultanée : ce sont ces cinq chantiers, pris ensemble et suivis dans la durée, qui distingueront un plan resté sur le papier d'un plan qui change réellement l'exposition du pays aux prochains chocs climatiques.

Par Désiré Kaffo · août 18, 2026 · 3 min de lecture
Environnement

Plan National Climat : l’urgence d’agir

Adopté par arrêté du Premier ministre le 11 juillet 2025, le Plan National Climat fixe un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 35% d'ici 2030, dans un pays exposé à des risques climatiques majeurs : sécheresses dans le Septentrion, inondations dans le Littoral et l'Extrême-Nord, glissements de terrain sur les Hauts-Plateaux. Les pertes économiques liées à un choc climatique majeur sont estimées à plusieurs centaines de milliards de francs CFA par an, dans un pays où l'agriculture emploie 45% de la population active et où l'hydroélectricité fournit 80% de l'électricité nationale. Le coût de mise en œuvre du plan sur la période 2025-2030 se chiffre en plusieurs milliers de milliards de francs CFA, face à des sources de financement encore limitées, entre budget national contraint, accès restreint au Fonds vert pour le climat et coordination interministérielle jugée encore faible. La question centrale que pose ce plan récent reste entière : sa mise en œuvre concrète suivra-t-elle le rythme de l'urgence climatique qu'il décrit lui-même, ou restera-t-il un cadre stratégique sans traduction budgétaire suffisante ?

Par Désiré Kaffo · août 17, 2026 · 4 min de lecture
Société

Capital humain : investir avant que la démographie ne pèse

80,7% de taux d'achèvement du primaire, plus de quatre millions de personnes enrôlées à la Couverture Santé Universelle, mais une mortalité maternelle encore très supérieure à l'objectif 2030 : le capital humain camerounais progresse par à-coups. Plus de 60% des Camerounais ont moins de 25 ans, un atout démographique considérable si le système éducatif et sanitaire parvient à transformer cette jeunesse en compétences productives. Mais les disparités régionales entre le Septentrion et le reste du pays, la pratique encore insuffisante du bilinguisme, et un budget de la santé qui reste inférieur au seuil de 5% visé par la stratégie nationale, freinent cette conversion. Le rapport d'évaluation à mi-parcours de la Stratégie Nationale de Développement est clair : ces investissements ne sont pas des dépenses sociales annexes, mais une condition de la transformation économique elle-même. La question centrale reste entière : le pays formera-t-il sa jeunesse assez vite pour transformer ce qui pourrait devenir un risque démographique en véritable dividende économique d'ici 2030 ?

Par Désiré Kaffo · août 3, 2026 · 3 min de lecture