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Société

[Archives] Opinion: Faure Eyadema n’est pas un héros de la démocratie

Jean Vincent Djenda Mondon octobre 19, 2017 3 min de lecture 0 alertes

CE QUE JE PENSE DE « L’ABDICATION » DE FAURE EYADEMA

Il est loin le siècle des grands hommes politiques africains. Ceux qui plaçaient le devenir de leur pays au cœur de leur action. Ces hommes qui n’avaient aucun remord à donner leur propre vie pour la rémission du peuple pour lequel ils se battaient. Ces combattants qui n’avaient aucune ambition personnelle, aucune volonté de tromper la vigilance de leurs concitoyens pour prendre ou conserver un pouvoir qui appartenait au peuple. Comme il est loin le temps de ces premiers démocrates qui auraient dû inspirer toute l’histoire politique du continent. Des hommes comme l’Afrique semble ne plus pouvoir en produire. Nkrumah, Lumumba, Um Nyobe, Ouandié, Mandela, Sankara… des noms qu’on croirait sortis d’un roman de Séverin Cécile Abeba. Des noms qui dorment dans les livres d’histoire.

Il n’y a pas parmi eux de Faure Gnassingbe, tripatouilleur de constitution, descendant d’une famille d’autocrates mégalomanes , habité par une farouche envie de conserver un pouvoir sans partage frauduleusement conquis.

Dans ce qui est présenté comme un acte historique, le Président togolais en exercice renonce à briguer en 2020 un quatrième mandat. Faure Eyadema n’est pas un héros. Il est contraint par « la rue », torturé par la morts de togolais immolés sur l’autel de l’ivresse addictive du pouvoir, poussé à la porte par ses compatriotes déterminés à reprendre la main sur le processus de désignation libre et transparente de leur Président.

Qu’est-ce qui peut bien justifier le concert d’applaudissements, de youyous et de vuvuzela qui saluent ce discours de renoncement niais et sans aspérité. Les terres de culture des hommes politiques probes, désintéressés et patriotes sont devenues arides. Dans la quête de nouveaux héros à tout prix, nous n’hésitons plus à célébrer le premier apprenti dictateur dépassé par les événements.

L’aspiration des populations d’Afrique à la démocratie devrait nous inciter à moins de complaisance à l’égard d’un procédé aussi grossier. Faure Gnassingbe est arrivé au pouvoir par effraction à la mort de son président de père en 2005. Il s’y est maintenu contre la volonté du peuple togolais à la suite de trois élections réputées frauduleuses. Par ce ce choix, il a laissé des morts par centaines sur le carreau. Il serait encore candidat à sa succession en 2020 si la détermination des togolais avait faibli, fragilisée par une répression sanglante. Ce n’est pas le portrait craché d’un homme politique qui aurait la démocratie et le bien-être de son pays chevillé au corps.

D’accord, l’histoire de l’Afrique est faite de récits de présidents qui s’accrochent jusqu’à la mort, jusqu’à l’humiliation ou jusqu’à l’exil… Quand par miracle il arrive que l’un d’eux soit forcé de renoncer, ce sont le courage et l’abnégation du peuple qu’il faut saluer.

Non « bébé Gnass » n’est pas un héros à mes yeux. Il ne fait pas partie de ces hommes qui font briller le continent. Il est au mieux un usurpateur qui a choisi, un peu tard, de faire amende honorable.

IMG_3157Djenda Mondon

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