[Archives] Innovation et adaptation, clés de survie des entreprises locales camerounaises.

Les entreprises camerounaises, toutes autant qu’elles sont, publiques, parapubliques ou privées ne savent ni évoluer ni s’adapter. Dans un environnement en perpétuelles mutations, face à des consommateurs capricieux et exigeants, elles sont condamnées au ralentissement et parfois à la cessation de leurs activités. C’est ce qui est récemment arrivé à Express Union, jusque là leader sur le marché du transfert d’argent.
À sa création en 2001, Express Union a bénéficié d’un cadre bancaire fermé à 95% de la population, la concentration des activités de Western Union autour des grandes agglomérations et un besoin grandissant de mouvements des devises entre particuliers. En réussissant un maillage du territoire sans précédent jusqu’aux pays voisins, Express Union a dynamité le marché domestique et ses concurrents.
Cette position de quasi monopole a obnubilé Express Union au lieu de l’inciter à améliorer son offre, à innover dans ses process, à fluidifier ses procédures… Au contraire, les conditions de retrait de la moindre somme sont devenues de plus en plus draconiennes.
Quand la concurrence a offert de dématérialiser les transferts en réduisant le coût des transactions et en supprimant la paperasse chère à Express Union, le cœur de cible de l’entreprise financière lui a tourné le dos avec l’ingratitude d’un client insatisfait. Conséquences en cascade: emplois menacés, érosions du chiffre d’affaire et risque de faillite; Express Union a été disrupté par la concurrence. Il ne lui reste que les populations rétives à la technologie, qui n’ont pas accès ou qui ne sont pas familiarisées à l’usage de la téléphonie mobile.
Un tel fiasco économique n’est pas inédit. Le tissu industriel du Cameroun, florissant au lendemain de l’indépendance s’est ainsi effrité au fil des années, faute de recherches, faute d’innovations, faute d’investissements dans le développent, faute d’ambitions, précipité par une gestion chaotique.
Désormais, toutes les entreprises, pour assurer leur pérennité, ont besoin d’anticiper les comportements des consommateurs. Par la recherche pour l’innovation et le développement. Elles ne doivent plus hésiter à s’associer à des universités, à de grandes écoles et même à d’autres entreprises pour mutualiser les moyens, booster les recherches et accroître les perspectives de résultats. C’est la vocation des pôles technologiques qui leur font tant défaut, c’est la condition de survie pour celles des entreprises qui veulent durer.
Djenda Mondon
