[Archives] Nos Héros Africains: OSENDE AFANA
OSENDE AFANA : Brillant économiste, martyr du combat pour la libération nationale au cameroun
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Castor Osendé Afana est un économiste et militant nationaliste camerounais, né en 1930 à Ngoksaa (Ebebda) dans la région du Centre (Cameroun) et mort assassiné le 15 mars 1966 dans le maquis de la Boumba Ngoko au sud-est du pays, près de la frontière congolaise. Brillant économiste, Osende Afana est considéré par beaucoup de Camerounais comme un héros national. Moins connu que ses prédécesseurs à la tête de l’UPC, Ruben Um Nyobe et Félix-Roland Moumié, et même que son alter ego pour le front de l’Ouest, Ernest Ouandié, il a pourtant fini assassiné comme eux. Tout comme ces trois, il a payé le prix fort en luttant pour libérer l’Afrique du colonialisme et néocolonialisme.
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La danse des sept voiles fait partie des légendes connues que l’on se transmet y investissant ses mondes imaginaires. Derrière cette danse sensuelle amenée à infléchir la volonté des rois, se cache la soif de domination et de pérennisation d’un pouvoir que l’on sait inique et que l’on veut à tout prix maintenir.
Il se raconte en effet dans la bible une histoire selon laquelle la compagne de Hérode, un homme important, courroucée de ne pas recevoir la dévotion de la part d’un prophète, usa de ruse pour réclamer la tête de celui qui refusait de plier devant un pouvoir dit inique. La jeune fille, messagère de la mort s’appelait Salomé et le prophète rebelle Jean le Baptiste. Sa tête fût livrée comme un trophée à celle qui ne supportait plus l’idée qu’il vive et distille des mots condamnant et sapant les fondations d’un pouvoir contestable.
Selon la légende, comme faisant un écho à cette histoire, en 1966, un combattant, un résistant, Osende AFANA sera assassiné à Ndélé du côté du Congo et il sera décapité. Sa tête sera remise en trophée à celui qui le voulait mort ou vif. Les exécutants, comme des « salomé » des temps modernes, auraient jugé bon de prouver l’accomplissement de leur mission en offrant la tête au tyran. Les pouvoirs indignes n’inventent rien, ils sont assoiffés de sang, ils décapitent croyant faire taire la voix de la liberté. Répétition de violences de ces pouvoirs qui se savent illégitimes et qui ne peuvent se maintenir que par la violence, l’intimidation, et la terreur. Osene Afanda avait 36 ans, c’était l’un des économistes les plus brillants de son temps, le premier subsaharien à être titulaire d’un d’doctorat en économie. C’était un homme qui déjà dénonçait l’asservissement des pays africains par l’usage d’une monnaie sur laquelle ils n’avaient pas de prise. Il voulait que l’Afrique crée sa propre monnaie « Afrik », il voulait son pays libre. Il rêvait de débarrasser son pays et l’Afrique du colonialisme. Il ne pouvait vivre. Fort heureusement l’aspiration à la liberté survit aux tyrans.
Fort heureusement la vie des martyrs est une semence pour les générations d’après, une étincelle pouvant réveiller les consciences et amener à des combats ultérieurs pour la liberté, voire à de salutaires révolutions.
Baptisé Castor OSENDE AFANA à sa naissance, l’homme a vu le jour dans la petite localité Ngoksaa, département de la Lékié en 1930. Très tôt, il rejoint la capitale Yaoundé. Très tôt ses idées apparaissent subversives et son regard sur le monde embarrasse. Dans un environnement porté à la préservation d’un monde immuable, le jeune homme, comme il est élève au Lycée Leclerc à Yaoundé au Cameroun, est séduit par des idées progressistes et de résistance. Les prises de conscience du combattant en gestation le poussent à refuser désormais que l’on le nomme par le prénom Castor porteur pour lui d’une double négation et d’une infamie. Il veut être appelé par un patronyme qui le situe dans son africanité, dans sa camerounité, il ne veut pas d’un nom allogène d’autant plus infamant qu’il est un nom de rongeur !
A suivre…
Source : @ afrodiasporarts.wordpress.com
